Enclos paroissial et église

Lieu féérique, cadre radieux, l’enclos capture et éblouit par son originalité et sa situation

Au XVIIème siècle ce coin de terre devait être plutôt riche et à l’aise financièrement. Les 12 « délibérants », le conseil municipal de l’époque ouvrirent largement le coffre fort paroissial à 3 clefs gardées derrière la lourde porte blindée de la sacristie.
Un tel ensemble architectural n’a pu se bâtir sur le dénuement. La paroisse de Lannédern était florissante. Les seigneurs et les maîtres ont mis un point d’honneur à bâtir cet ouvrage :
Lezormel seigneur des Tourelles (blason bandé de 6 pièces d’argent et d’azur situé sur la clef de voute de la nef et sur le pied de la croix processionnelle avec la devise « le content est riche »),
La Marche Seigneur des tourelles (de gueules an chef d’argent ; devise : Marche droit)
Kernezne Seigneur de Penaneac’h (blason D’or à trois coquilles de gueules situé ??)
Le Duc de Rohan de Kergus,
Les Ecuyers De Kerarun Henry et Yvon (du Manoir de Keralun)
Ainsi que la juridiction du Duc de Bretagne au Moulin du Duc.

Vers l’an 1000 la population augmente dans la paroisse primitive de Iben (ple-iben) soit Pleyben pour atteindre 1000 âmes et les parties les plus éloignées vont obtenir leur autonomie. C’est ainsi que Lannédern (1330 Lanedern – 1368 Lannedern) fut créé avec une population d’une centaine d’âmes. Probablement un ordre religieux et militaire veillait à la protection des autochtones et des pèlerins qui se rendaient à Jérusalem.

« Vous qui passez par Lannédern, ne vous pressez pas, posez-vous, regardez, écoutez, rêvez, la magie du lieu, l’idée que l’on peut se faire du façonnage de l’hémicycle vous transporteront vers le savoir faire d’un autre temps, vers la foi de ceux qui y vivaient, vers leurs connaissances et leurs échanges soit simplement leur destinée. »

Saint Edern entre réalité et légende

« Voici comme se raconte à Lannédern la vie du saint patron »

Le saint arriva dans ce pays, monté sur un cerf avec sa sœur Génovéfa. Du haut de la lande de Coat-ar-Roc’h ils purent admirer l’immense étendue de terre, de collines, de vallons et de bois qui se déroulait devant eux. Et ils louèrent Dieu de les avoir conduits là. Quand ils eurent terminé leur action de grâces, Edern dit à sa sœur :
– Ce n’est pas le tout, il faut maintenant que nous procédions au partage ?
– C’est à moi de choisir mon lot la première, répondit Génovéfa.
– Soit ! Acquiesça le saint.
Génovéfa de se mettre en route, tandis que son frère demeurait en oraison dans la lande et que le cerf y paissait l’herbe fine. La jeune fille avait le pied léger : elle fit en peu de temps beaucoup de chemin et parvint au sommet d’une autre colline, en un lieu nommé Loqueffret qui lui parut propice à l’édification d’un oratoire. Elle s’en retourna donc vers son frère :
– As-tu fixé ton choix ? demanda le saint.
– Oui, j’ai trouvé un emplacement qui me convient. Seulement, il faut que tu m’aides à y bâtir ma maison.
On utilisa le cerf pour les charrois, et la maison fut bâtie en un tour de main. Le saint y installa sa petite sœur. Quant à lui, du premier coup, il s’était décidé pour Coat-ar-Roc’h qui lui semblait bien la plus belle situation qu’il y eut en Bretagne. Il y construisit sa maison de prière.
Cependant, sa sœur et lui avaient édifié leurs églises sur leurs coteaux respectifs, aidés de tous les hommes pieux de la contrée.
Restait à délimiter les territoires des deux paroisses. Génovéfa, qui était femme, se montrait exigeante. Volontiers, elle n’eût abandonné à son frère que les quelques champs qui avoisinaient son église, à peine assez de place pour enterrer les morts, pas assez, tant s’en faut, pour fournir à la subsistance des vivants. Ces prétentions parurent à Edern excessives. Mais, comme il avait l’âme complaisante et douce et qu’il détestait les querelles, il feignit de transiger :
– Petite sœur, dit-il, ne donnons pas nos dissensions en spectacle à la foule, et convenons d’un arrangement. Accorde-moi, par exemple, tout l’espace dont je pourrai faire le tour, monté sur mon cerf, en un délai déterminé. Génovéfa demanda à réfléchir. Elle pensait que le cerf était vieux, que ses jambes commençaient à plier sous lui, que le pays était accidenté, raviné, coupé d’obstacles de toute nature et, bref, elle accepta la proposition de son frère, en y mettant, cela va sans dire, de dures conditions. Ainsi, elle stipulait qu’Edern ne quitterait Coat-ar-Roc’h qu’à la nuit bien close et qu’au chant du coq, en quelque lieu qu’il fut, il ferait halte. Le bon saint en passa par tout ce qu’elle voulut. Au soir fixé, il grimpa sur le dos du cerf. La vaillante bête, à qui le seul contact de son cavalier communiquait des forces nouvelles, respira bruyamment et prit sa course tout d’une haleine. Elle allait, elle allait. C’est à peine si ses pieds touchaient le sol. Edern, cramponné à ses bois, l’excitait de la voix et du talon. Ils dévoraient l’espace, insoucieux des côtes et des précipices. Dieu, qui était avec Edern, avait fait allumer toutes les étoiles du ciel, en sorte que la nuit était claire à l’égal d’une belle matinée. Aussi Génovéfa en eut-elle du dépit en son cœur. Elle s’était venue asseoir sur un tertre, à une portée de fusil du bourg de Loqueffret, comptant bien assister à la déconvenue de son frère. Et voici qu’il triomphait d’elle, qu’il réduisait à néant ses petites machinations ! Déjà le cerf arrivait droit sur le talus où elle était assise. Encore quelques minutes et presque toute la paroisse de Loqueffret allait passer dans celle de Lannédern. Mais les femmes, vous le savez, ne se laissent jamais prendre sans vert. Et Génovéfa, en sa qualité de sainte, avait plus d’esprit qu’aucune autre. Une ferme était là, toute proche. Y courir, saisir sur le perchoir du poulailler un coq engourdi par le sommeil, le plonger brusquement, la tête la première, dans une auge pleine d’eau, ce fut pour la sainte l’affaire d’un instant. Voilà le coq à peine revenu de sa stupeur, de battre des ailes pour en secouer l’eau, et de se mettre à chanter
– Le coq a chanté, mon frère ! s’écria Génovéfa, comme le cerf bondissait dans l’aire du manoir
Edern dut s’arrêter. Plus tard, on érigea une croix en ce lieu. Malgré la ruse de la sainte, la paroisse de Lannédern ne s’en étendit pas moins jusqu’à l’entrée du bourg de Loqueffret. Génovéfa ne le pardonna pas à son frère et fut longtemps en délicatesse avec lui. La tour de Lannédern étant venue à tomber, elle s’en réjouit malignement.
– Ah ! dit-elle, c’est bien fait ! Je vous prédis que désormais vous ne pourrez plus avoir à Lannédern une belle flèche haute et pointue !
– Eh bien ! Riposta le saint, je vous prédis à mon tour que dorénavant vous n’aurez à Loqueffret que des cloches fendues, et qu’elles ne tinteront pas plus clair que les grelots d’un cheval de pilhaouer.
– Ces choses arrivèrent, en effet. Le clocher de Lannédern demeura court et trapu, mais aussi l’on eut beau acheter à Loqueffret des cloches neuves, dès qu’on les mettait en branle elles se fendaient.
– Depuis le cerf de saint Edern, un dicton veut que les bois d’alentour restent peuplés de hardes provenant de sa descendance. Mathieu Le Moal (prêtre de Lannédern), dans son enfance, c’est-à-dire dans les années 1930, vit un cerf mâle saillir une jument qui paissait à l’aventure. Le poulain qui naquit de cet accouplement eut le pied fourchu comme son père. Sa mère ne le pouvait souffrir, elle se montrait féroce envers lui ; un jour, elle le tua d’une ruade… »
Les Druides gaulois vénérèrent le Grand Cerf. Sa ramure est souvent comparée à l’arbre de vie. Tous les ans ses bois tombent et renaissent plus grands, plus beaux et plus nombreux. Il porte donc en lui, dans la croyance, l’espérance d’une résurrection au-delà de la mort. Il annonce peut-être, ici à Lannédern, la victoire sur l’Ankou ;
L’Ankou, ce grand maître de la mort

L’enclos paroissial :

Lannédern est une des rares paroisses bretonnes à avoir conservé son enclos paroissial, et cela intégralement : église, calvaire, ossuaire, cimetière (la réflexion chrétienne dit que la mort est au milieu de la vie comme le cimetière est au milieu du village), murs… avec ses tombes, tout cela ramassé dans un mouchoir de poche d’à peine 1500 m2, délimité par une murette, et auquel donne accès une entrée principale de type arc triomphal située Sud. Cette entrée est constituée de quatre piliers de pierre délimitant trois passages. Un décret de 1804 demande d’éloigner le cimetière des églises. Lannédern continue à ignorer le décret de Napoléon et les paroissiens continuent d’être enterrés dans le cimetière entourant l’église.

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L’enclos paroissial vu du haut du bourg

L’ossuaire :

Il est doté d’une façade remarquable, munie de quatre baies en plein cintre et d’une porte médiane surmontée d’un fronton en demi-cercle, et accostée à deux bénitiers. Au dessus des fenêtres sont des têtes d’anges, niais, au toupet pointu, dont le crâne a fondu dans les joues, et qui voltigent entre des têtes de morts. Aux angles, à la retombée des rampants des pignons, on remarque deux anges tenant des phylactères avec des inscriptions :
COGITA MORI (pense à la mort) – RESPICE FINEM (attends la fin)
Et sur la petite frise de la corniche on peut lire :
M. GRE. K (ER) DEVEZ R (RECTEUR). G.COLIN. F. LE BRAS.F (ABRIQUES)
Ce qui reporte ce petit monument aux environs de 1660-1662, car on retrouve fois ailleurs le nom de ce recteur et avec ces dates.
A l’origine l’ossuaire servait pour le moins en partie à déposer les restes des défunts retirés du cimetière, mais aussi de salon funéraire à la veille d’un enterrement.

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Cet ossuaire, ou chapelle Sainte Anne, trône encore fièrement dans le cimetière, non loin du calvaire.

Le calvaire :

Dans un enclos paroissial, l’ossuaire est le monument spécialement affecté à la mort, celui qui évoque l’omniprésence de celle-ci. Mais non loin, se dresse le calvaire, un monument qui lui fait pendant et qui est là pour évoquer la résurrection et l’espoir en une vie future éternelle. Le calvaire de Lannédern, haut de 6,50m remonte au XVIème siècle. Il est bâti sur un soubassement hexagonal, coiffé de deux degrés hexagonaux eux aussi, puis d’un socle cubique où s’élève un fût à 8 pans. Ce fût est flanqué à mi-hauteur d’une console en cul-de-lampe qui soutient une effigie de Saint Edern, le patron de la paroisse. Celui-ci, en robe et manteau à capuchon, son livre dans la main gauche et son bâton dans la main droite, chevauche paisiblement son cerf, lequel s’avère être un très beau mâle.
Le croisillon à moulures ceinturées et à culots qui surmonte le fût du calvaire est assez long, car il supporte non seulement la croix du Sauveur, mais aussi celles des deux larrons à ses extrémités, ainsi que vers le milieu deux couples de statues dos à dos : La Vierge et Marie Madeleine, Saint Jean et Saint Pierre. La vierge Marie et Jean sont à leur place habituelle, l’une à droite du Christ et l’autre à sa gauche. Tandis que derrière eux on reconnaît bien la Madeleine à son pot de parfum et Pierre à sa clef. Le Christ en croix est assisté de trois angelots : l’un au sommet de la croix qui reçoit son âme et tient le titulus (INRI), et les deux autres, hématophores, en bas qui recueillent dans un calice le sang coulant de ses pieds cloués.
Au crucifix est adossé un ECHE HOMO : le Christ est debout, les jambes un peu ployées, les bras et les poignets liés sur le ventre avec une grosse corde, s’apprêtant à marcher vers son supplice, la tête déjà couronnée d’épines.
La coutume lors des enterrements ; le cercueil rentre par le porche porté par des « porteurs » et lors du cheminement, au niveau du calvaire celui-ci était dévié jusqu’à toucher le soubassement, sensé rappeler le préalable à la résurrection du Christ et à l’immortalité de âme.

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Le calvaire vue de face

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Le calvaire vue de dos

Le monument aux morts :

Construit par M. Jezequel de Brennilis, et sculpté dans du granit fin d’Huelgoat extrait de la carrière Coat Mocun. Inauguré en 1932.
Nombre de morts : Guerre 1914/1918 = Guerre 1939/1945 =………Guerres des anciennes colonies =

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Le monument aux morts

Le porche de l’église :

C’est le lieu de passage entre le monde des vivants et celui de Dieu.
Dans les églises bretonnes, c’est presque toujours le porche Sud qui constitue l’entrée principale et non pas le portail Ouest, celui qui se trouve sous le clocher. C’est un porche franchement style Renaissance que nous trouvons à Lannédern, un porche qui dérive de celui de Landerneau, et qui est bien daté 1662. Il à une certaine allure avec son ouverture extérieure en plein cintre, et ses deux colonnes corinthiennes soutenant une frise et un fronton au milieu duquel est percé une niche occupée par une petite Vierge-Mère. Elle est encadrée d’inscriptions très altérées par les morsures du temps et difficile à déchiffrer. Les voici, en clair, d’abord à gauche de la niche :
« H.BRAS. I . MODIRE 1662 »
il s’agit des deux fabriciens en charge comptables des rentrées et des sorties des deniers.
Ensuite, à droite :
« M (messire) I (ves) K (ER) DEVEZ Rector . C.ALA (I) N.
Ce dernier personnage doit être le vicaire ou le curé comme on disait à l’époque.

L’intérieur, de forme presque carrée, est garni de deux bancs de pierre et de deux rangées de niches, vides malheureusement. Il y a moins de cent ans, elles abritaient des statues en bois très délabrées, vermoulues, et qu’on finit par enlever. Les débris furent brûlés sur la partie haute entre l’église et le presbytère en 1923. Chose curieuse : il n’y a que 5 niches de chaque côté, au lieu de 6 comme c’est le cas habituellement. Mais il y en a trois autres au fond du porche, au dessus de la porte d’entrée dans l’église : elles abritaient le Christ et deux autres apôtres.

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Le Clocher :

Lannédern possède un petit clocher trapu, et qui doit dater du début du XVIIème siècle comme l’ensemble de l’église (il y a une date au dessus de la porte Ouest 1611). Très simple et couronné d’un dôme, il a sa chambre de cloches formée de six piliers. L’accès à cette chambre de cloches se fait par un périlleux escalier extérieur dont les marches courent sur le rampant Sud du pignon.

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Le clocher vu du lavoir

Les Cloches :

Les cloches servent de signal à la communauté chrétienne et furent créés pour l’appel des fidèles d’une paroisse pour la messe. Elles permettent de sonner les baptêmes, les mariages, les prières (angelus), les alarmes (tocsin) et l’heure. A Lannédern elles sont au nombre de deux et l’automatisation fut effectuée en ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;;. Jusqu’en 1992 la manœuvre des cloche était sous la responsabilité du bedeau (François Marie Tallec de à puis Bideau de )

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Inscriptions ; grande cloche :
J’ai été nommée Jeanne Louise par Jean Louis Cras président de la fabrique et Jeanne Le Gall.

Sant Edern pedit évidomp

An 1905 M.M. C Michel étant recteur de Lannédern, Jean Louis Bourlest Maire, Jean Louis Cras président de la fabrique, Jérome Gourvest Trésorier – fabriciens – Jean Louis Salaun, Mathieu Baraer, Louis Le Rest – Fondeur, Cornillé Havard à Villedieu et Le Jantel à Guingamp.
Les inscriptions sont à l’identique pour la petite cloche.

L’ANKOU :

La vallée de la petite Douphine sous le brouillard gothique de Pont Mein se présente comme un repère des korrigans contigu au Yeun Elez (le marais de l’Ange). Ces parages sont le domaine favori de l’Ankou, un endroit magique où le mysticisme excite puis apaise les esprits.
L’église de Lannédern se distingue par son ANKOU, personnification armoricaine de la Mort (faucheur de vies et emporte les âmes des personnes récemment décédées) et représenté sous la forme d’un squelette au rictus menaçant. A Lannédern il se trouve à l’Ouest du porche, au bas de l’un des rampants de la fenêtre, un buste d’ange lui faisant pendant de l’autre côté.
« La bouche ouverte comme le spectre de Bulat, ployant à angle droit ses ossements, l’Ankou pointe son dard qu’il tient solidement dans la main gauche. Par son aspect impressionnant, il revêt à cet égard la place dominante dans le cimetière »
Cette préoccupation permanente de la mort a des racines très anciennes chez le peuple breton et remonte aux traditions druidiques. Maître de l’au-delà, l’Ankou est omnipotent. Les celtes ne craignent pas la mort, pour eux elle représente le commencement d’une vie meilleure. Les bretons christianisés conçoivent la mort de la même façon, comme une chose simple et naturelle ; Mais de l’Ankou, ils ont peur…..
Mise en garde contre l’oubli : L’Ankou circule la nuit, debout sur un chariot dont les essieux grincent. Ce funèbre convoi est le « karrig an Ankou » ; charrette de l’Ankou. Entendre grincer les roues du « karrig an Ankou » ou croiser en chemin le sinistre attelage sont des signes annonciateurs de la mort d’un proche. L’odeur de bougie, le chant du coq la nuit, la lueur fugace, la sueur froide, les visions fantastiques, les bruits de clochettes sont également interprétés comme des signes annonciateurs de la mort.
Pourtant, le reflet de la relation particulière que les bretons entretiennent avec la mort ne se résume pas à la peur. La mort n’épargne personne et elle se détermine comme le passage obligé pour atteindre l’au-delà ; une fois jugée, l’âme est vouée au paradis ou a l’enfer.
L’implacable Ankou nous mets en garde contre l’oubli de notre fin dernière.

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L’ankou

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L’ankou

L’intérieur de l’église :

L’édifice a un plan régulier, en forme de croix latine et avec chevet plat. Il comprend une nef avec bas-côtés de quatre travées. Les voussures des arcades pénètrent directement dans les piliers octogonaux. La chaire à prêcher a été démontée dans les années 60. Les vitraux sont ouverts de manière à ce que des flèches lumineuses irradient selon une orientation différente l’allée centrale tandis qu’une lumière diffuse se répand par la maîtresse vitre et ruisselle sur le chœur. Le rythme des colonnades oriente le regard et la pensée vers l’abside dont la croupe s’enfle comme sous la poussée de l’esprit et que l’art somptueux de la mosaïque des tableaux pare d’un éclat surhumain. Une crèche de la nativité est construite annuellement avec les figurines entreposées dans la sacristie.
Une crèche de Noël est créée tous les ans par les paroissiens dans le déambulatoire Ouest près de la vitrine. Installée sur une estrade avec une armature une armature bois, toutes les figurines de la Nativité sont représentées et mises en valeur par un éclairage harmonieux.

 

 

 L’intérieur de l’église :
L’édifice a un plan régulier, en forme de croix latine et avec chevet plat. Il comprend une nef avec bas-côtés de quatre travées. Les voussures des arcades pénètrent directement dans les piliers octogonaux. La chaire à prêcher a été démontée dans les années 60. Les vitraux sont ouverts de manière à ce que des flèches lumineuses irradient selon une orientation différente l’allée centrale tandis qu’une lumière diffuse se répand par la maîtresse vitre et ruisselle sur le chœur. Le rythme des colonnades oriente le regard et la pensée vers l’abside dont la croupe s’enfle comme sous la poussée de l’esprit et que l’art somptueux de la mosaïque des tableaux pare d’un éclat surhumain. Une crèche de la nativité est construite annuellement avec les figurines entreposées dans la sacristie.
Une crèche de Noël est créée tous les ans par les paroissiens dans le déambulatoire Ouest près de la vitrine. Installée sur une estrade avec une armature une armature bois, toutes les figurines de la Nativité sont représentées et mises en valeur par un éclairage harmonieux.
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L’intérieur de l’église

La maîtresse vitre :

D’après Louise-Michel GOHEL, l’un des spécialistes du vitrail en Bretagne, il ne subsiste plus aujourd’hui dans les provinces que 200 à 250 édifices ayant conservé tout ou partie de leurs verrières anciennes. L’église de Lannédern est l’un de ces édifices ; elle possède une maîtresse-vitre munie d’un tympan trifleurdelysé et dont les panneaux retracent surtout la passion de Jésus.
Quant on pense à toutes les destructions et disparitions ayant affecté les verrières bretonnes, la survivance de celle de Lannédern est déjà un exploit en elle-même. Notre maîtresse-vitre a survécu aux guerres et aux révoltes de tous genres (trouble de la ligue, tourmente révolutionnaire), aux catastrophes naturelles, comme la foudre, au climat breton qui n’est guère clément pour les verres attaqués par les mousses et les lichens (ceux-ci décomposent la silice et font disparaître les modelés de grisaille, de sanguine ou de jaune d’argent).
Comme presque partout en Bretagne, c’est la dévotion à la passion qui est le sujet essentiel de la maîtresse-vitre de Lannédern. On y distingue au moins six épisodes de la passion du Christ, mais c’est en vain qu’on y cherche le moindre souci de chronologie : portement de croix, baiser de Judas, descente de croix, lavement des pieds, flagellation, entrée triomphale de Jésus à Jérusalem !
La plus grande partie du vitrail est donc consacrée à la Passion, mais ce sont d’autres sujets qui occupent les trois panneaux de gauche, soit, de haut en bas : Saint Yves et le pauvre, Saint Edern sur son cerf, le riche et les damnés. Cette description des tourments des damnés semble correspondre à une nouvelle sensibilité religieuse, celle qui apparaît au cours du XVIème siècle. Pour en revenir à Saint Edern notons qu’il figure également dans un médaillon au sommet du tympan.

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La maîtresse vitre vue de l’intérieur et de l’extérieur au soleil levant (sav-heol).

Le retable du Rosaire :

La construction de ce retable a certainement été suscitée par la Confrérie locale du Rosaire. La Confrérie du Rosaire était l’une de ces confréries pieuses fondées dans le volontariat. Elles se sont multipliées au 17ème siècle sous l’influence du concile de Trente, dans le but de relever le niveau de foi des fidèles. Le retable comprend une grande peinture centrale représentant la scène du don du Rosaire par la Sainte Vierge et l’enfant Jésus à Saint Dominique et à Catherine de Sienne (elle imagine rassembler tous les chrétiens pour mener une croisade afin de reprendre les terres sacrées aux infidèles, elle reçoit les stigmates du Christ à la Pentecôte). Elle est bien datée par l’inscription : « Y. QUINTIN. 1660 ».
La toile (qui n’est pas la toile d’origine, la peinture est de piètre qualité artistique) est entourée d’un cadre en bois sculpté où alternent des feuillages, des fleurs et des épis de blé.

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Le retable du rosaire

Le retable de Saint Philbert :

Saint Philbert ou Saint Philibert avait quitté la cour du roi Dagobert pour se faire moine d’abord à Rebais dans la Brie française. Plus tard il fonda un monastère à Jumièges près de Rouen.

Mais pourquoi diable vénère-t-on depuis la nuit des temps Saint-Philibert en Bretagne ? A Trégunc, l’on pense que ce culte fut ramené par les marins depuis Noirmoutier. L’explication est peut-être plus compliquée…

 Dans les vieux, les très vieux documents de l’abbaye de Landévennec, il est un texte du cartulaire dont la lecture au premier degré raconte en gros ceci. Un jour, Gradlon, roi des Bretons, reçut la visite de trois émissaires de Charlemagne. Ces trois hommes-là étaient alors des saints en devenir puisqu’il s’agissait, assure l’antique chronique, de Médard, Florent et de notre fameux Philibert, fondateur de l’abbaye de Jumièges en Normandie puis de celle de Noirmoutier.

Leur requête ? Que Gradlon apporte son aide aux Francs contre la race païenne. Entendez par là les Vikings. Le roitelet armoricain se voyait proposer en échange de son soutien quatorze villes franques. Marché avantageux. Saint Guénolé et saint Corentin, poursuit le texte, assistaient aussi à la rencontre qui s’acheva par un serment prêté par Gradlon. Récit totalement anachronique ! Tout le monde connaît par cœur la date du sacre de Charlemagne. En revanche, lorsque l’on sait que Philibert fonda le monastère de Jumièges en 654, voilà qui exclut sa présence à Quimper… 150 ans plus tard ! Alors, quelques historiens se sont arraché les cheveux pour interpréter ce texte à première vue incohérent. Et ils sont parvenus à cette conclusion. Des Gradlon, la Cornouaille en a connu trois dans son histoire. Or, l’un d’entre eux, Gradlon Plonéour, est précisément un contemporain de Charlemagne.

Et l’on s’est alors permis de penser que l’aréopage (réunion des savants et des sages) de prétendus saints qui assistaient à la rencontre était en fait constitué des abbés des monastères de Saint-Florent à Saumur, de Saint-Médard à Doulon, de Saint-Philibert à Noirmoutier, de l’abbaye de Landévennec fondée par Saint-Guénolé et enfin de l’évêque de Quimper Corentin.

Mais il y a mieux pour renforcer cette hypothèse. Gradlon Plonéour, comte de Cornouaille et grand protecteur de l’abbaye de Landévennec, alla effectivement guerroyer contre les Vikings, à l’embouchure de la Loire. Il a même tenu à finir ses jours à l’abbaye de Noirmoutier. Il meurt en 684, son corps fut déposé dans un sarcophage.
Il est réputé pour soulager les rhumatismes et les maux de ventre.

(a modifier absolument avec la mise en cohérence de la datation : gradlon 330/405_charlemagne 800_dagobert 602_st philibert 617_st guénolé fonde abbaye landévennec 485_expansion des vikings >800_saint corentin 375/401_saint médard 456/545)

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Le retable de Saint Philibert

Le panneau de vie de Saint Edern :

Les divers épisodes de la vie du Saint sont indispensables à connaître pour comprendre le curieux panneau où ils sont représentés. Situé autrefois dans l’ossuaire et aujourd’hui accroché sur le mur gouttereau nord de l’église. Voici la description de ce merveilleux tableau inspiré de la gwerz chantée en pays Trégorrois (jointe en annexe)

Premier panneau (en haut à gauche) : Saint Edern est en prière près de son oratoire où jaillit une fontaine. L’artiste a peut-être voulu représenter le paysage de Quistinic. Derrière lui, une femme assiste debout à sa prière, peut-être sa sœur, Génovéfa, dont la gwerz léonnaise ne parle point, mais dont le souvenir est resté populaire dans ce pays de Lannédern. Au fond de
la perspective se profile la silhouette du château seigneurial.
Deuxième panneau (en bas à gauche) : pendant que le seigneur de Quistinic, accompagné d’un cavalier fait de vifs reproches à Edern, le saint se confond en excuses pour sa vache venue brouter dans le domaine réservé au maître. Un serviteur s’occupe de chasser l’animal à grands coups de bâton.
Troisième panneau (au milieu en haut) : c’est l’épisode du meurtre de la vache. Un homme armé d’une lance, en présence des gens du seigneur de Quistinic, assistent à la mise à mort de la pauvre bête qui est étendue sur le flanc. La meute s’acharne sur son cadavre : Trois gros chiens commencent à la dévorer. Edern, impuissant, prie à genoux sur un rocher, désolé par cet horrible spectacle.
Quatrième panneau (en bas au milieu) : le comte de Cornouaille, passant par le pays et se trouvant égaré, envoie un page demander son chemin à saint Edern. Celui-ci étant en prière, tarde un peu à répondre. Le page irrité de ce retard, soufflète le saint qui lui répond en tendant l’autre joue. Le comte, que l’on aperçoit à cheval à l’arrière-plan, est aussitôt frappé de cécité avec toute sa suite. Il ne recouvrera la vue qu’en arrivant sur un point de terre du Léon, où il battit une église, qui est aujourd’hui l’église paroissiale de Plouédern.
Cinquième panneau (en haut à droite) : le cerf est aux abois, un chasseur accompagné de son chien, sonne l’hallali. L’animal s’agenouille devant le saint en prière pour être protégé de la meute. Edern, un chapelet pendu à son bras gauche, est en prières.
Sixième panneau (en bas à droite) : un chasseur, dont le chien est en arrêt devant le cerf agenouillé et monté par Edern, contemple le spectacle avec étonnement.

« Le sculpteur n’a pas jugé à propos de compléter la légende. Il n’a représenté ni le châtiment infligé au duc et à ses gens, ni le miracle qui leur rend la vue, ni l’édification de l’église commémorative. N’en soyons point surpris. Ce sont là des épisodes qui se sont déroulés en pays léonard ; dès lors, ils n’intéressent plus la Cornouaille ; l’artiste local les a négligés à dessein, fidèle en cela à l’esprit de particularisme qui est un des caractères profonds de la Bretagne d’antan. Il n’en reste pas moins que le vieil imagier et l’auteur de la gwerz ont travaillé d’après les mêmes documents. Quels étaient ces documents, on ne le saurait préciser. A-t-il existé une ancienne vie de saint Éden ? Il est fort possible, quoiqu’Albert Le Grand n’en fît pas mention. C’est d’elle sans doute que se seront inspirés le poète et le sculpteur anonymes. En revanche, il n’en faut pas chercher trace dans les souvenirs du peuple. Faisons la remarque une fois pour toutes : le peuple breton, quand il s’agit de ses vieux saints nationaux, se soucie assez peu de la tradition ecclésiastique. Il a sa façon à lui de les concevoir, aussi bien que de les invoquer. Il se les représente à sa manière, et le portrait qu’il se fait d’eux n’a que des ressemblances très lointaines avec le type consacré. Il est difficile de n’être point frappé, dès l’abord, du caractère purement mythologique des légendes qu’il leur prête. Par là s’explique peut-être l’espèce d’hostilité méfiante qu’une partie de notre clergé témoigne à l’égard de ces antiques thaumaturges et l’empressement qu’il apporte à laisser tomber leurs oratoires en ruines, leur culte en désuétude, leur mémoire même en oubli… » Le saint homme est aussi représenté, couché, sur la pierre sépulcrale qui passe pour être son tombeau : Sculpture du XVIème siècle, sinon du XVème, où s’est complu avec dévotion le ciseau délicieusement maladroit de quelque artiste local. Il se trouvait autrefois au milieu de la nef. Vers 1860 il a été relégué au bas du collatéral nord, où il semble un peu perdu dans l’obscurité.

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Le panneau de Saint Edern

La poutre de Gloire, groupe de Crucifixion ou Tref :

Le groupe de la Crucifixion sur la poutre de gloire comporte la Vierge, Saint Jean et Jésus-Christ. L’emblème (blason bandé de 6 pièces d’argent et d’azur et avec pour devise : le content est riche) du Seigneur des TOURELLES positionné face aux paroissiens rappelle la noblesse locale. Curieusement, les armes ont été inversées : bandé n’est pas barré.

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La poutre en Gloire

La Vierge à l’enfant :

En bois polychrome, une Vierge à l’Enfant avec deux angelots dans une niche à pilastres feuillagés du chœur.

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La Vierge à l’enfant

Saint Edern sur son cerf :

Une belle statue de Saint Edern orne l’angle sud-est du chœur. Le cerf, docile, la croupe en partie recouverte par un pan du manteau du patron de la paroisse va l’amble comme le faisaient les belles haquenées de l’époque. Edern, le visage tourné vers l’assemblée, vêtu en ermite, robe et manteau à camail et capuchon, tient fermement un grand livre dans la main droite. La statue est encadrée par une grande niche rectangulaire dont les montants sont ornés de tête d’angelots et de chutes de fleurs. Deux ailes à volutes, ornées de feuilles d’acanthe, viennent compléter harmonieusement ce bel ensemble. Le cerf représente l’arbre de vie à cause de sa ramure qui tombe et se reconstruit tous les ans.
Le premier jour de Septembre on célèbre la fête à Saint Edern car c’est ce jour là qu’il s’alla reposer avec Jésus dans son paradis.

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Saint Edern sur son cerf

Les sablières :

les sablières sculptées entre 1559 et 1581 sont anonymes. Cependant nous retrouvons le nom d’un charpentier sur une poutre à engoulant située au nord du chœur : V.ARVOR.
Dans le chœur de la nef elles représentent le jugement dernier avec son lot de têtes énormes à la bouche béante avalant des corps et des membres. Une curieuse danse de putti sexués, Côté Sud, se dirige allègrement vers les bouches de l’enfer. A sa droite, un couple de musiciens, à l’opposé, de l’autre côté du transept, au nord, deux buveurs. Les murs gouttereaux sont surmontés de sablières à encorbellement très travaillées représentant des masques à palmettes, des feuillages, des rinceaux et plusieurs fois les armes des LEZORMEL. Des têtes de profil tout au long des panneaux ressemblent étrangement à des représentations de l’art aztèque.

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Les blochets :

Aux quatre coins du chœur, formant la liaison avec les sablières les quatre saints évangélistes sont disposés en blochets. D’autres petits blochets sont placées aux extrémités des gouttereaux, ils semblent en costume d’époque mais ils sont très altérés par le temps.

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Les statues polychrome :
En pierre (granite kersantite) polychrome

Une Pietà. Strictement, le thème comporte, dans sa représentation, deux des personnages de la chronologie de la Vie du Christ : lui-même mort et Marie sa mère éplorée. On perçoit nettement le flanc droit du Christ percé par le centurion LONGIN afin de s’assurer de sa mort.

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La Pieta

En bois polychrome

Jésus-Christ tenant le globe (monde) dans sa main gauche et le bénissant de la main droite (Christ de Gloire).
A compléter

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Jésus et l’agneau de Dieu

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Le Christ en Gloire

Saint François d’Assise montrant les stigmates du Christ. Se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel ou l’aumône. Il change son habit d’ermite pour une tunique simple. La corde remplace sa ceinture. Il fréquente des lépreux. En août 1224, Francesco se retire avec quelques frères au monastère de La Verna. Le 17 septembre (3 jours après la fête catholique de la Croix glorieuse), il aurait reçu les stigmates. Il se réfugie dans une hutte près de la chapelle San Damiano. Il meurt le 3 octobre 1226. François a été canonisé dès 1228 par le pape Grégoire IX. Il fait partie des saints catholiques les plus populaires et sans doute celui qui est le mieux accueilli parmi les non catholiques. À la suite de la nuit qu’il célébra dans une grotte à Greccio, l’usage de la crèche de Noël s’est répandu dans la famille franciscaine puis dans les foyers. Après sa rencontre avec le sultan à Damiette, l’annonce de la prière par les cloches, puis de l’angélus se sont répandus.

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Saint François d’Assise

Saint Maudez  : Il est réputé avoir créé un monastère au Vème siècle dans une île Maudez proche de l’île de Bréhat. Il s’y installe avec deux disciples. Il enseigne la guérison des sourds des aveugles et des paralytiques. Il en chasse les nombreux serpents et c’est pourquoi il est invoqué pour se défendre contre tout ce qui rampe (reptiles, vers, insectes…). Installée dans la chapelle de Coat ar Roch pour combattre les serpents (le lieu en était infesté), la statue migre à l’église dans les années 50.

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Saint Maudet

Saint Philibert (voir retable de saint Philibert, situé sur le clocher)

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Sainte Anne (dans l’ossuaire) apprend à lire à la Vierge. La mère de la Vierge Marie est la grand-mère de Jésus-Christ. Il faut savoir que dans les églises, le tabernacle (ouvrage d’ébénisterie) abrite les hosties consacrées (symbole du corps du Christ). Le corps de la Vierge Marie est considéré comme le premier tabernacle. Sainte Anne est la sainte représentante de ce corps de métier.
Par déclinaison :
Patronne des bretons (mamm gozh ar Vretonned).
Anne de Bretagne reine des français par la grâce de Dieu

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Sainte Anne

La Reine des monts d’Arrée : achetée par le recteur Athanase Ruellen dans les années 1960 et dite reine des Monts d’Arrée associée à son diadème et à son sceptre ; Elle se trouve au dessus de la porte de la sacristie. Cette statue date du XVème siècle et pourrait être une vierge à l’enfant partielle (les indices de sculptures indiquent une représentation préalable)

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La reine des Monts d’Arrée

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L’ange du jugement dernier (positionné à l’opposé de l’agneau pascal) : le jugement dernier est celui où tous les hommes devront rendre compte devant Dieu de leurs actes commis sur terre. Selon ceux-ci et suivant la Miséricorde de Dieu (appelée aussi Grâce dans le christianisme), les hommes seront jugés et certains seront condamnés à la géhenne, d’autres se verront ouvrir les portes du paradis. L’Homme en effet, durant toute sa vie, doit essayer de suivre les commandements divins pour espérer se voir pardonner ses fautes. La résurrection des morts est un préalable au jugement par Dieu, qui aura lieu le même jour pour tous. Le Jugement dernier est celui qui doit intervenir à la fin des temps, après la venue (ou le retour) du Messie. L’ange en question les ailes semi-déployées soufflant dans une imposante trompette, sonne haut et fort pour manifester le salut, la disparition de la terre devant Dieu et l’arrivée du jugement dernier.

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L’ange du jugement dernier

La chair surmontée par l’ange du jugement dernier

Le maître autel
Recours à l’or pour suggérer la beauté immatérielle du monde invisible, la présence du mystère de la foi.
L’agneau aux sept sceaux orne le devant du maître-autel
La révélation de Saint Jean  ; l’Apocalypse
Ce qui doit arriver à la fin des temps, accroissement de l’iniquité, la venue de l’Antéchrist, la lutte ultime qui le jettera finalement toujours en Enfer……

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L’autel complété par son environnement

Jean reçoit une vision du Christ qui lui dit : écrit donc ce que tu as vu ?
Celui-ci, majestueux, vêtu de blanc, le glaive de la parole dans la bouche s’exprime :

Dans le culte céleste surgit le mystérieux agneau pascal, seul digne d’ouvrir le livre des desseins divins, scellé de sept sceaux. A l’ouverture des six premiers sceaux les fléaux s’abattent sur les impies. Jésus Christ apparaît à Saint Jean, les sept étoiles sont les anges des sept églises et les sept chandeliers sont les églises. Jésus Christ sous le symbole de l’agneau prend le livre et pour l’ouvrir les sept esprits sont envoyés sur toute la terre.

Ouverture par l’agneau (c’est Saint Jean qui s’exprime) :
du premier sceau  ; je vis paraître un cheval blanc, le chevalier archer couronné continuait ses victoires.
du deuxième sceau  ; je vis paraître un cheval roux, le chevalier avec une épée enlève la paix des hommes sur terre afin qu’ils s’entretuent.
du troisième sceau ; je vis paraître un cheval noir, le chevalier possède une balance afin de donner la valeur des choses.
du quatrième sceau ; je vis paraître un cheval pâle, le chevalier s’appelle la mort et l’enfer le suit avec le pouvoir de faire mourir les hommes et les animaux sur le quart de la terre.
du cinquième sceau ; je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient souffert la mort pour la parole de Dieu. On leur donna à chacune une robe blanche en leur demandant d’attendre que l’autel fut rempli du nombre de serviteurs de Dieu qui doivent comme eux souffrir la mort.
du sixième sceau  ; je vis qu’il se fit tout d’un coup un grand tremblement de terre, le soleil devint noir, la lune comme sang. Les étoiles tombèrent sur la terre. Le ciel se retira et toutes les montagnes et les îles furent ébranlées. Tous les rois, les riches de la terre et tous les esclaves ou hommes libres se cachèrent dans les cavernes et dirent aux montagnes de nous ensevelir pour nous cacher de la colère de l’agneau parce que le jour est arrivé ;
– je vis quatre anges aux quatre coins de la terre qui retenaient les vents
– je vis un ange ayant le sceau du Dieu-vivant qui rassemblait tout ce qu’il y avait de vivant sur terre. Les humains vêtus de robes blanches chantaient à haute voix : gloire à notre Dieu et à l’agneau de nous avoir sauvés.
du septième sceau ; se déclenche le châtiment du monde au son des trompettes. Lorsque l’agneau eût ouvert le septième sceau il se fit un silence dans le ciel. Je vis les sept anges qui sont devant la face de Dieu et on leur donna sept trompettes (annoncent la seconde venue de Jésus). Alors vint un ange ayant un grand encensoir d’or, on lui donna une grande quantité de parfums afin qu’il offrit les prières de tous les saints. Et la fumée du parfum composée des prières des saints monta devant Dieu. L’ange prit enfin l’encensoir et l’emplit du feu de l’autel et l’ayant jeté à terre il se fit des bruits dans l’air, des tonnerres, des voix, des éclairs et un grand tremblement de terre.
le premier ange sonna de la trompette ; il se format une grêle et un feu formé de sang qui tombaient sur la terre et la troisième partie de la terre fut brûlée.
le deuxième ange sonna de la trompette ; et il parut comme une grande montagne tout en feu qui fut jetée à la mer. La troisième partie de la mer fut chargée de sang et les poissons et les navires périrent.
le troisième ange sonna de la trompette ; une grande étoile nommée absinthe ardente comme un flambeau tomba du ciel sur la troisième partie des fleuves et des sources. Les eaux chargées en absinthe furent consommées par les hommes. Un grand nombre mourut.
le quatrième ange sonna de la trompette ; le soleil la lune les étoiles ayant été frappés par les ténèbres la troisième partie du soleil de la lune et des étoiles fut obscurcie. Un aigle disait à haute voix ; malheur aux habitants de la terre à cause des sons des trois autres trompettes.
le cinquième ange sonna de la trompette ; et je vis une étoile qui était tombée du ciel à laquelle on donna la clef de l’abîme, elle ouvrit le puits de l’abîme et les hommes furent frappés d’une tourmente incessante. Ceux-ci avaient pour roi l’ange de l’abîme Apollon l’exterminateur.
le sixième ange sonna de la trompette ; une voix demanda de délier les quatre anges du fleuve de l’Euphrate. Ceux-ci devaient trier la troisième partie des hommes. Les chevaux aux têtes de lions et les chevaliers cuirassés crachaient le feu et la troisième partie des hommes fut tués à l’exception de quelques de non repentis.
Je vis un ange fort et puissant qui descendait du ciel ayant un arc en ciel sur la tête. Un visage comme le soleil et des pieds comme des colonnes de feu. Il avait un livre ouvert, le pied droit sur la mer et le pied gauche sur la terre. Il cria comme rugit le lion et sept tonnerres firent éclater leur voix. Et une voix du ciel dit : scellez les paroles des sept tonnerres et ne les écrivez point.
Alors l’ange leva la main au ciel et dit qu’il n’aurait plus le temps mais qu’au jour ou ??? ?
le septième ange ferait entendre sa voix et sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplirait (le jugement dernier) ; le règne de ce monde a passé à notre Seigneur et à son Christ et il règnera dessus pour les siècles des siècles : AMEN.

La continuité de l’Apocalypse fait référence à :
Aux symboles de la femme revêtue de soleil qui enfanta un enfant mâle avec une verge de fer qui fut élevé vers Dieu pour gouverner toutes les nations.
Aux faux prophètes.
Au jugement dernier qui est annoncé. Jésus Christ apparaît, la terre est moissonnée et vendangée selon les desseins des sept rois des sept coupes de la colère de Dieu pour aboutir au jugement universel avec les 7 visions finales de l’avenir.
La vision radieuse de Jérusalem céleste et à l’arbre de vie qui porte douze fruits (symbolise la force de la vie et ses origines et donne l’immortalité).
Les sept coupes d’or pleines de la colère de Dieu appellent à la vie éternelle selon l’évangile de Saint Jean.

Symboles mystérieux qui accompagnent les fléaux de l’effusion des sept coupes
première coupe ; l’ange la répand sur la terre et les hommes furent frappés d’une plaie maligne.
deuxième coupe ; l’ange la répand sur la mer, elle devint rouge comme sang, tout ce qui vit dans la mer périt.
troisième coupe  ; l’ange la répand sur les fleuves et sur les sources, elles furent chargées de sang, ceux qui en boivent en meurent.
quatrième coupe  ; l’ange la répand sur le soleil et les hommes furent tourmentés et ne firent point pénitence.
cinquième coupe  ; l’ange la répand sur le trône de la bête et son royaume devint ténébreux, ils ne firent point pénitence.
sixième coupe ; l’ange la répandit dans l’Euphrate, son eau fut séchée pour ouvrir le chemin aux rois qui verraient l’Orient mais les esprits démons rassemblent les rois à Armagédon.
septième coupe ; l’ange la répandit dans l’air et il se fit des éclairs, des tonnerres et un des sept anges vint me parler pour me présenter la grande prostituée avec laquelle les rois de toute la terre ont été corrompus. Celle-ci fut condamnée et ruinée ? joie des anges (Babylone) et des Saints.
Alors un ange fort leva une pierre grande dans la mer et Babylone fut précipitée avec impétuosité de sorte qu’on ne la retrouve plus ? Alléluia, gloire et puissance à notre Dieu.
Je vis un cheval blanc, celui qui était dessus s’appelle Le Fidèle et Le Véritable qui juge et qui combat justement ? Avènement du souverain juge Jésus Christ ? évolution vers le jugement universel.
Après cela je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle avec la ville sainte de Jérusalem qui venait de Dieu comme le tabernacle de Dieu avec ses hommes.
Jérusalem avait douze portes avec douze anges, la muraille avait douze fondements en pierres précieuses (jaspe, saphir, calcédoine, émeraude, sardonyx, sardoine, chrysolite, béryl, topaze, chrysoprase, hyacinthe, améthyste) où sont les noms des douze apôtres de l’agneau……..

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L’agneau

Le tombeau ou cénotaphe de Saint Edern :

Le soubassement est formé d’arcades tréflées à jour, flanquées de colonnettes portant un gisant de saint Edern. Le vêtement du saint est le même que celui du calvaire : même tunique longue, même capuchon rabattu sur le haut du visage. Mais l’attitude a je ne sais quoi d’hiératique, de majestueux. Les yeux du saint, quoique largement ouverts, semblent repliés sur un grand rêve. La physionomie est expressive et forte, avec un air de mansuétude infinie. La barbe s’épand sur la poitrine à grandes ondes égales comme celle d’un Dieu assyrien. Le bras gauche s’accoude à un livre d’heures, le bras droit s’appuie à un épieu, crosse rustique de ces bons pasteurs de peuples. Les pieds reposent contre le flanc du cerf qui, dans sa pose abandonnée, parait goûter avec délices la douceur du dernier sommeil.

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Le tombeau de Sant Edern

La vitrine :
Elle regroupe les objets d’orfèvrerie désignés comme étant le trésor ostentatoire de la paroisse.
L’orfèvrerie de Lannédern comporte deux châsses reliquaires, une superbe croix de procession, deux calices avec leurs patènes en argent (sur l’un d’eux poinçon G.D de l’orfèvre Gabriel Daniel et l’inscription : « F.FAVENEC. FAB. DV. ROSERE. DE S. EDERN ») et un seau à aspersion en bronze daté de 1578.
La plus grande des châsses est ornée à chacun de ses angles des statues des apôtres, Pierre, Paul, André et Jean dont les corps ont été fondus dans un même moule. Seules les têtes, surmontées chacune d’une auréole, et les attributs sont différents. Les statues sont fixées sur des contreforts creux exécutés en trois plaques soudées surmontées de deux étages de pinacles fondus. La base des murs est surlignée d’un galon mouluré repercé, orné d’un décor quadrillé poinçonné. Leur sommet est décoré d’un galon perlé et crénelé. Les pieds en boule aplatie ont sans doute remplacé les modèles d’origine en forme de lions assis. Le couvercle se soulève sur des charnières avec une barrette pour assurer la fermeture. Les deux lunettes rectangulaires ouvertes sur la face permettent d’apercevoir les reliques contenues dans un coffret de bois. Cette œuvre porte un des plus anciens poinçons de maître de Bretagne dont les initiales, probablement I.E (en caractères gothiques) n’ont pas pu être attribuées à un orfèvre connu. Certaines réparations ont été effectuées avec des plaques argentées. Le faitage, alternant grands et petits fleurons feuillagés, les contreforts d’angle posés à l’oblique et sommés de hauts pinacles, situent cette œuvre à une date antérieure au XVIe siècle. La châsse est classée au titre objet depuis le 10 novembre 1906 (dimensions : longueur 49 cm, largeur 16 cm et hauteur 20 cm)
La seconde châsse est un pupitre supporté par quatre lions accroupis. Une lunette ovale permet, dans le couvercle, de voir la relique et l’amulette qui appartenait à saint Edern (Le patère du Saint se composant d’un grain d’ambre jaune-rougeâtre ; résine fossile dure, plus précieuse que l’or ou le diamant ayant la particularité d’attirer à elle les corps légers quand on la frotte énergiquement). Symbole de la lumière et du magnétisme terrestre provenant de la baltique. Datant de l’âge de bronze peut-être du fer, on l’applique sur les yeux des pèlerins qui accouraient autrefois afin d’entourer les reliques du Saint des hommages de leur vénération le jour du pardon pour guérir ou préserver des maux de la vue). En argent ciselé, elle porte le poinçon de la communauté des orfèvres de Morlaix (un M surmonté d’une hermine) et le poinçon de maître d’Yves Ploiber, orfèvre à Morlaix en 1490 : YP. Ces poinçons se retrouvent sur le reliquaire de La Roche Maurice. Cette châsse est classée au titre objet depuis le 14 juin 1955.
La grande croix de procession : En argent massif en partie doré et ciselé, d’une hauteur de 1,09 m pour un poids de 7,690 kg, cette croix à grosses pommes godronnées et nœud architecturé à deux étages est caractéristique de la croix de procession finistérienne du XVIIe siècle. Son Christ élégant aux proportions étirées, entouré de la Vierge et de saint Jean, évoque les nombreux calvaires des enclos paroissiaux du Léon ou les poutres de gloire séparant la nef du chœur des églises. Sur le nœud, l’accumulation de pilastres, consoles, volutes et frontons évoque l’ornementation foisonnante des porches, des clochers et des ossuaires de basse Bretagne au début du XVIIe siècle. Elle a été classée le 14 juin 1898. Plusieurs poinçons y figurent :
– Au bas de la douille : 1 – Lettres F et L séparées par une hermine surmontée d’un petit oiseau, marque de l’orfèvre morlaisien François Lapous qui a ciselé la croix. 2 – Une hermine passante avec une lettre M entre les pattes, communauté de la ville de Morlaix. 3 – Un H majuscule, marque de la jurande (groupement professionnel sous l’ancien régime) des orfèvres de Morlaix dans les années 1620.
– Sur le bas de la douille : elle porte l’inscription : FET CE IOVR 19 AVRIL 1620
La croix est timbrée des armes (bandé de six pièces d’argent et d’azur) de Lézormel, Seigneurs des Tourelles en Larm’abern, (au-dessus de l’inscription).
Au revers de la croix, sous un dais repercé de quadrilobes, un médaillon ovale très finement gravé représente saint Edern tenant bâton de pèlerin et chapelet, monté sur un cerf.
Les douze apôtres, reconnaissables à leurs attributs, sont présents sur le nœud de la croix.
Les clochettes, accrochées aux bras de la croix, font à l’occasion des processions et des pardons, une parure sonore et colorée (l’une des clochettes, à gauche du Christ, a été volée en 1972).
Le seau à aspersion (classé le 3 juillet 1958) ; Inscription en lettres gothiques et date : DE LA PAROISSE DE LANNEDERN 1578.

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La croix en or

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La vitrine dans l’église

Les bannières

La bannière de procession est une pièce de tissu orné en broderie d’un décor et souvent d’inscriptions spécifiques. Elle est portée dans les processions où elle fait office d’insigne d’identification pour une confrérie religieuse, une paroisse ou une congrégation. Elle est en général de forme rectangulaire, suspendue par le petit côté supérieur du rectangle à un bâton horizontal lui même porté par une hampe. Elle peut comporter des cordons latéraux terminés par des pompons.
Le port de la bannière en dépit de la difficulté, poids et effets du vent, sur de longues distances est un honneur, réglé par les traditions locales.

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Bannière

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Bannière de Sainte Anne

La paramentique, les vêtements liturgiques

La chasuble symbolise la charité, l’amour du Seigneur, qui doit envelopper le prêtre et le joug du Seigneur.
Sa couleur, en rite romain, varie en fonction du temps liturgique : rouge, blanc, vert, violet.
La paramentique est l’ensemble des vêtements, coiffes, tentures, parements et ornements utilisés dans les liturgies religieuses. On y inclut parfois l’orfèvrerie sacrée.
Les formes, les coupes, les dénominations et les coutumes liées à la paramentique liturgique ont fait l’objet de nombreux changements au cours des siècles.

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Chasuble de deuil

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Chasuble de printemps

Les fonds baptismaux

Les fonts baptismaux (du latin classique fons : fontaine, source) sont un article de mobilier ecclésiastique utilisé pour le baptême des enfants et des adultes.
Les fonts baptismaux servent typiquement aux baptêmes par aspersion. Les fonts les plus simples ont un pilier de 1,5 m avec un support pour un bassin d’eau. Les matériaux taillés et sculptés varient considérablement.
La forme peut varier. Beaucoup de fonts baptismaux ont huit côtés pour rappeler la nouvelle création. Certains fonts ont trois côtés, en rappel de la Sainte Trinité du Père, Fils et Esprit Saint. Ils sont parfois placés devant la nef de l’église pour rappeler aux fidèles leur baptême, qui représente leur entrée dans l’Église.
La majorité des Églises chrétiennes utilisent de l’eau bénite pour remplir les fonts. Une vaisselle spéciale d’argent, appelée une aiguière, peut être utilisée pour remplir les fonts.

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Les Fonds baptismaux

La chapelle de Coat ar Roch

Autrefois appelée chapelle du Bois de la Roche, aujourd’hui il ne subsiste que la chapelle transformée en maison d’habitation. Le bois a disparu et la roche a servi de carrière !…
C’est à cet endroit que guidé par une étoile Saint Edern avait installé son oratoire. Une source coulait en ce lieu et le site allait devenir l’objet d’un véritable culte et d’une dévotion à la Sainte Vierge (Notre Dame la Vierge Marie mère de Dieu).
Cette source miraculeuse possédait les vertus de guérisons en tous genres et principalement pour les aveugles. L’écho de ce prodige se répandit à travers le pays et nombreux furent ceux qui vinrent prier et faire des offrandes.
Un Druide et un Thaumaturge, vestiges de la religion druidique à la croyance très vive de l’immortalité de l’âme pratiquaient préalablement en ces lieux. L’heureuse influence des vertus de cet endroit favorisait les exhortations et les miracles.
A l’origine, une chapelle en bois put être construite suivie d’un édifice en pierres.
On raconte et on dit en Basse Bretagne que le sol de la péninsule repose sur un océan caché sous terre et que la source de Coat ar Roch communique avec lui. On y lança jadis un canard qui reparut à une semaine de là dans la rivière de Landévennec et une autre variante parle d’un coq auquel on lia les pattes et qui fut retrouvé à Port Launay.
L’eau est omniprésente dans tous ces récits et permet ainsi d’éclore et de bâtir la légende des trois sources en relation avec la cosmogonie celtique des astérismes formés de trois étoiles de la voute céleste ; La constellation est à l’aplomb de l’homme qui atteint l’état central et les 3 étoiles désignent alors les 3 ouvertures, les trois lignes obliques des croyances Celtes.
Le triangle de l’été : Vega, Deneb et Altaïr. Véga correspond à Coat ar Roch étant une des plus brillantes de la voute céleste
Le triangle de L’hiver : Syrius, Betelgueuse et Procyon. Syrius correspond à Coat ar Roch étant la plus brillante de la voute céleste. Syrius, étoile du solstice d’hiver, étoile de l’annonciation des rois mages et du soleil de justice c’est-à-dire du Christ.

A la révolution, la chapelle du Bois De La Roche (avec son cimetière, ses dépendances et un champ en partie Nord sur la montagne dépendante du lieu Pennarun en la commune de Lannédern, canton de Brasparts) appartenant aux nobles sera saisie, expertisée et vendue comme bien national. L’acquéreur en Février 1799 est Jérome Tournel cultivateur à Kergus et Ty Labous. Laissée à l’abandon l’édifice tombe en ruines. Des tentatives de restauration par les propriétaires successifs n’aboutissent pas. Celle-ci a bien failli sombrer corps et âme des suites d’une longue dégradation due au temps. Sa renaissance prend valeur de symbole et elle fut sauvée, restaurée et convertie en maison d’habitation par Mr et Mme PIRCHE à partir de 1973.
En 1910 la chapelle est dédiée à Notre Dame et Saint Maudez. Les statues présentes sont celles de Saint Maudez, Notre Dame, Saint Joseph et Saint François Xavier.
Deux dates sur l’édifice:1699 à la base de la chambre des cloches et 1874 dernière restauration.
La chapelle est un édifice en forme de croix latine, la flèche du clocher fut foudroyée par la foudre lors de la tempête du 7 Décembre 1946. Le clocher est reconstruit à l’identique (respect des règles architecturales) en 2011 par Joël Kerhervé Tailleur de pierres à Lannédern.
La fontaine miraculeuse existe toujours, elle était surmontée par la statue de Saint Maudez.
Près de la chapelle est érigé une croix monolithe à pans, socle carré et soubassement à trois degrés.

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La chapelle de Coat ar Roch

Le lit de Saint Edern

Saint Edern confectionna un lit de pierres au point de délimitation de Lannédern Le Cloître-Pleyben et Pleyben, dans une garenne qui a gardé depuis lors le nom de Goarem Edern proche du village du Moulin du Duc. Encore intact on peut s’y allonger comme avaient coutume de faire par dévotion les pieux fidèles ou les pèlerins qui y accouraient de tous les points de la région. On disait que cela guérissait et préservait du mal d’échine et du mal de reins. La couchette un peu dure, mais fort commode en somme, se compose d’une dalle de granit taillée adroitement pour reposer la tête, la nuque et le dos entourée de pierres brutes des deux côtés sous forme de palissade.
Dans les légendes bretonnes les saints et les ermites ont traversé la mer à bord de barques de pierre en forme d’auges et nous ont laissé leur esquif. Ces étonnantes auges en forme de sarcophage étaient appelées « Lit ». Le lit de saint Edern pourrait être constitué de fragments de cette embarcation.
Il suffit d’un peu d’imagination pour entendre parfois comme un bruit étrange émanant de la rivière ou des arbres alentours pour susciter la présence du fantôme du génie des lieux. Tous ces parages environnants auront ressenti l’heureuse influence de ses vertus, de ses exhortations et de ses miracles.
Le bon Edern dormait là, sous la lune et les étoiles ?

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Le lit de Saint Edern

La croix de Croas ar Hars

trois croix monolithes du 17ème siècle ; Coat ar Roch. Croas ar Hars et Ty Cras ont disparues. Croas Ar Hars, nouvelle croix construite part inaugurée le 08 Août 2009.

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La croix de Croas ha Hars ( entre croix et calvaire)

Une bélière en cuivre (datation ?) recouverte d’une feuille d’or trouvée à Parc ar Feunteun (donnée au musée archéologique du Finistère en 1930).

Il existait :
Trois moulins au 18ème siècle dont 2 à eau (Moulin du Duc et Keralun) et 1 à vent (Keralun qui a disparu)

« La gwerz chantée »

Écoutez tous (gens de cette) compagnie _ écoutez chanter la vie
la vie de Monsieur saint Edern, le patron de Plouédern, dans l’île nommée Irlande, à ce qu’il est marqué, naquit le saint homme puissant, homme de beauté, en son corps et en son esprit , de ses biens, dès sa jeunesse, il fit de bonne heure fi et mépris, pour chercher la royauté du ciel
et le salut de son âme, de ses parents il prit congé, à son pays il dit adieu, et par mer, il se rendit en Bretagne pour y prêcher la foi, en un lieu, sur la grève de Cornouaille, tout proche de Douarnenez, et appelé le Juch maintenant encore, avec son esquif il prit terre, Il s’est mis en quête d’un lieu paisible, pour être à l’écart de la foule, sa hutte, il se la construit dans un bois, à deux ou trois lieues de Quimper, Indifférent à toutes les intempéries, sa vêture était misérable, pour lit il avait la terre froide, et pour oreiller une Pierre, Il portait des cilices de crin, ne vivait que de pain noir, et des herbes de son jardin, sans jamais boire goutte de vin, pendant une moitié de la nuit, la prière était son seul repos, Il était pour lui-même sans pitié, et pour le prochain, plein de mercis, cependant, les langues mauvaises du monde, cherchèrent à compromettre sa réputation, il se résignait à la méchanceté des gens, il se résignait à tous leurs mépris, le seigneur de Quistinit, se fâcha contre la petite vache du saint, au point de lâcher sur elle sa meute, la bête en resta sur la place, vint Edern, à ce qu’on raconte, il ne prononça qu’une parole, et la vache de se relever et de sortir, du champ du seigneur de Quistinit, déréglée, disait-on, était la bête, car elle n’épargnait les terres de personne, chacun s’en plaignait dans le quartier, et prétendait qu’elle était voleuse, mais ces gens-là ne savaient pas, que Dieu fait des miracles quand il le juge bon, là où la vache avait pâturé, poussait aussi le meilleur blé, Dieu inspira à l’ermite, l’envie de se retirer ailleurs, car son cœur n’était ouvert, ni à la louange ni à la gloire, à travers la Cornouaille il courut beaucoup de pays, jusqu’à ce qu’il trouva un petit coin écarté, et là, il éleva une hutte, où prier et faire pénitence, là il fit plus d’un miracle, si bien que sa réputation se répandit, il n’y avait sorte de peine ni de maladie, à, qui il ne sut trouver remède, une fontaine était tout près, du lieu où il éleva sa hutte, Edern y fit bâtir, à la Vierge Marie une chapelle, maintenant elle se nomme Lannédern, on y prie saint Edern, là il fit durant sa vie, plus d’un miracle, et encore après, un gentilhomme chassait, poursuivie par ses chiens la bête, se réfugia dans la loge du saint, comme pour y chercher abri et protection, c’était un cerf ; quand il aperçut saint Edern, devant lui il se prosterna, pour se recommander à lui, et le supplier de le recevoir en sa maison, or ce cerf demeura, près d’Edern, à partir de ce moment , il paissait aux environs tout le jour, et rentrait chaque soir au logis, le seigneur fut étonné, de voir une telle merveille s’accomplir, en sorte qu’Edern dut lui révéler, la puissance de Dieu et sa bonté, le seigneur qui ignorait ces choses, s’inclina devant l’homme de Dieu, et le pria du fond du cœur, de demander pour lui pardon, à ce que l’on raconte, le duc de Bretagne, se trouva un beau jour, passer auprès de l’ermitage, a Edern s’adressa son page, Edern était en oraison, et ne retourna point la tête, à cause de cela, il reçut incontinent, un soufflet de l’homme brutal, Edern, sur l’exemple de son maître Jésus, était homme doux et humble et n’en conçut aucun ressentiment, joyeux d’être ainsi humilié, mais aussitôt, à ce que l’on dit, le duc et ses gens furent aveuglés, car Dieu était fort courroucé, de voir frapper son serviteur, le duc et ses compagnons, en cherchant à gagner le pays de Léon, se trouvèrent mortellement gênés, de ce qu’ils ne pouvaient se diriger dans le pays, Saint Edern de faire une prière, pour demander que la lumière leur fût rendue, saint Edern de tout son cœur, demande pour eux pardon, le duc fit vœu de bâtir une église dans le lieu où il se trouverait, à l’heure où il recouvrerait la vue, afin d’en perpétuer la mémoire pour jamais , et, pour la gloire de son serviteur, Dieu se fit leur guide, en sorte qu’ils arrivèrent au pays de Léon, et, là, ils obtinrent leur pardon, là, recouvrèrent la vue, le duc et ses compagnons, dans le lieu où s’éleva Plouédern, avec une église à saint Edern, en septembre, le premier jour, on y célèbre sa fête, car c’est ce jour-là qu’il s’alla reposer, avec Jésus, dans son Paradis.

Le chant

Un gentilhomme chassait ;
Poursuivie par ses chiens, la bête
Se réfugia dans la loge du saint
Comme pour y chercher abri et protection.
C’était un cerf ;
Quand il aperçut Saint Édern, devant lui il se prosterna
Pour se recommander à lui
Et le supplier de le recevoir en sa maison.
Or, ce cerf demeura
Près d’Édern, à partir de ce moment ;
Il paissait aux environs tout le jour
Et rentrait chaque soir au logis.
Le seigneur fut étonné
De voir une telle merveille s’accomplir ;
En sorte qu’Édern dut lui révéler
La puissance de Dieu et sa bonté.
Le seigneur qui ignorait ces choses
S’inclina devant l’homme de Dieu,
Et le pria du fond du cœur
De demander pour lui pardon

 

La période celtique

Vers le milieu du premier millénaire

Les Celtes (Celtes de Gaule ou Gaulois) ne craignent pas la mort. Ils croient aux puissances angéliques qui président à l’ordre cosmique. Ils ne croient pas à la réincarnation mais plutôt à la métamorphose. Ceux-ci conçoivent cette mort comme une chose simple et naturelle puisque pour eux, elle représente le commencement d’une vie meilleure. Ils sont impavides face à la mort. Le concept péché étant inconnu des Celtes, les notions de pénitences sont inexistantes dans leurs croyances. A sa mort l’homme va vers sa maison d’éternité. Pour les Celtes il n’y a pas de différence entre le profane et le sacré. Les Celtes offrent la vision d’un monde gouverné par les Dieux. Les Druides existent bien avant les celtes. La population de la Celtide appelés Gaideli ou littéralement coqs qui deviendra les gaulois. Le terme celtique dérivé du gretu = voix, signifiant orateur. Le gaulois Gutuatos est celui qui invoque. Dans la cosmogonie Celte tous les hommes descendent de la Déesse Dana dont l’attribut est le bélier.

Les peuples nordiques vinrent en Gaule afin d’aider les Celtes et les Druides à combattre l’occupation romaine qui n’osait pas s’aventurer dans les grandes forêts de chêne du pays des Monts d’Arrée.

Le mot Druide qui est spécifiquement celtique provient de « dru-wid-es » qui signifie : très savant et Dru-Wyd qui signifie sagesse du chêne ou chêne à gui. Le druidisme est une institution antique antérieure au christianisme et donc fondamentalement païenne. Christianisme et druidisme sont antinomiques ; le christianisme est Oriental alors que le Druidisme est Occidental. Le christianisme est une religion révélée qui s’appuie sur l’écriture, la bible ; l’écriture sainte alors que le druidisme s’appuie sur l’enseignement oral et ne confie pas le savoir ni la doctrine à l’écriture qui au contraire est rejeté comme signe de mort. Affirmer que les Druides se sont convertis au christianisme !!!!!!

Trois types de « professions » à caractère religieux sont connus dans le monde Celte :

- L’Archi-Druide, le Grand-Druide, le Druide ; celui qui sait, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la divination, la guerre, etc. ; ce sont les philosophes et théologiens à qui on rend les plus grands honneurs. Le druide a reçu l’initiation sacerdotale et il confère au roi l’initiation royale. Dans le protocole, le Druide parle avant le roi et le roi n’est pas autorisé à parler avant ses Druides. C’est le roi qui gouverne et le Druide qui conseille. Le Druide et le roi formaient un couple indissociable à la tête de la société Celtique.

Pour le Druide Dieu est représenté par 3 lignes obliques :

– ligne 1 = O = voie sacerdotale = amour (serpent d’eau de la terre ; scorpion)

– ligne 2 = I = voie chevaleresque = science (serpent de feu sagittaire)

– ligne 3 = V = prophétique = vérité (vase d’or, soleil de feu).

- Le Barde ; celui qui voit, est spécialisé dans la poésie orale et chantée (louange, la satire, le blâme)

- Le Vate, celui qui agit, est un devin (sorcier)

Les Druides exerçaient un pouvoir incontesté sur les quatre éléments : identifiés sur la croix celte :

- Ouest = eau
- Est = air
- Sud = feu
- Nord = terre

Ceux-ci disparaissent au VIème siècle sous les coups de boutoir de l’intolérance chrétienne. Les lieux de cultes seront dédiés aux saints chrétiens selon leur spécificité antérieure.


La Croix Celtique
 

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Graphisme de la croix

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Esotérisme de la croix

La Croix Celtique est le plus magnifique et le plus complet symbole de la Cosmogonie Druidique. C’est le livre vivant grâce auquel, durant les siècles de clandestinité, la science et la philosophie Druidiques ont pu se transmettre intacte, et dans lequel tous ceux qui ont appris à en lire le langage, peuvent se retrouver les continuateurs des Druides antiques.

Les trois cercles

La croix est composée de trois cercles concentriques dont les diamètres ont entre eux les rapports suivants : 9, 27, 81.

– Le cercle de 81 correspond au cercle Divin, ou Keugant.

– Le cercle de 27 correspond au cercle des Migrations ou Abred.

– Le cercle de 9 correspond au cercle de la Lumière blanche ou Gwenwed.

Les huit cercles tangents autour de Gwenved

Les quatre angulaires qui dessinent le Symbole de la Croix, figurent les quatre éléments (Eau, Air, Feu, Terre), unis dans un cinquième : l’Ether.

Description des différents cercles :

– A gauche : Couleur rouge, Chiffe 5, Planète Mars ou Teutates
– Angle supérieur gauche : Couleur orange, Chiffre 9, Planète Lune
– Au sommet : Couleur jaune, Chiffe 8, Planète Mercure ou Lucellos
– Angle supérieur droit : Couleur vert, Chiffre 7, Planète Vénus
– A droite : Couleur bleu, Chiffre 4, Planète Jupiter ou Esus
– Angle inférieur droit : Couleur violet, Chiffre 1, Planète Neptune ou Don
– A la base : Couleur ultra-violet, Chiffre 3, Planète Saturne
– Angle inférieur gauche : Couleur infrarouge, Chiffre 2, Planète Uranus
– Le cercle central : Couleur la lumière blanche des huit radiations, Chiffre 6, Planète Soleil
– Le cercle central, le gwenved représente la lumière (le monde des Dieux). Le second cercle (à la jonction des Quatre branches) le premier le plus au centre est le cercle d’annoum, l’abysse, le néant (Le monde souterrain) le second le plus à l’extérieur est le cercle d’abred le cercle de l’expérience humaine (le monde terrestre) et enfin le tout derniers cercle qui entoure la croix est le Keugant, le cercle de l’Incréé de l’Univers, représentant la Source.
– La croix Celtique est un symbole majeur car il représente ainsi l’expérience humaine et son évolution. La croix en elle-même est un symbole puissant. Elle rappelle la quadri polarité et la concrétisation physique de l’Un au travers la matière, la Quintessence. C’est ainsi l’expression des forces de l’univers primaires, élémentaires.

Le clergé druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels toujours face au soleil : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains, mais plus généralement d’animaux ou symboliques. Ainsi, réalités cosmiques, geste mythique ou factuelle, imaginaires eschatologiques et tropismes collectifs de l’unité et du règne consacrent cet « extraordinaire » de l’espace qu’est le lieu sacré.

Les autres prérogatives des druides comprenaient logiquement l’enseignement, la diplomatie, l’histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l’acquisition pouvait nécessiter vingt ans d’études puis dix ans de mise à l’épreuve) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.

À tous égards, le Druide était le personnage prédominant de la société Celtique, à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi, des seigneurs et de la classe guerrière. Leur grande connaissance de l’astronomie leur aura permis de conceptualiser le temps. Il professe une philosophie basée sur l’immortalité de l’être en indiquant le chemin du salut. La coutume d’aller cueillir le gui (le rameau d’or) sur le chêne à la Saint Jean puis d’allumer un feu de joie marque le solstice d’été, la nuit la plus courte. Les druides reconnaissent 7 plantes sacrées : chêne, hêtre, pin, bouleau, orme, tremble, houx entrant dans la composition des philtres magiques.


Le Triskell ou Triskèle

 

De nombreuses significations ont été avancées sans qu’une seule puisse être privilégiée :triskell

Dans la mythologie Celtique, il peut représenter les trois Dieux principaux :

Lug, le Dieu primordial et suprême, il maîtrise tous les arts et toutes les techniques, il possède les pouvoirs de tous les autres dieux

– Dagda est le dieu-druide (et donc dieu des druides), Il règne sur le temps, l’éternité et sur les éléments, c’est aussi un guerrier puissant. Ses accouplements avec les déesses sont nombreux. La roue solaire est l’attribut du Dagda.

Ogme, est le dieu de la magie guerrière, il a le pouvoir de paralyser ses ennemis. Il est aussi l’inventeur de l’écriture. Il est décrit comme un vieillard dont une chaîne accrochée à sa langue le relie aux hommes.

– Il évoque aussi le caractère trinitaire de la déesse unique ; fille, mère et épouse.

Dans un autre registre, il est censé représenter les trois éléments : la terre, le feu et l’eau et non, l’eau, la terre, le feu et l’air (la notion d’air étant de très loin contemporaine à ses origines). Certains bretons disent qu’il représente l’eau, l’air et le feu, la terre étant au centre.

Il peut aussi représenter la continuité du temps qui passe : passé-présent-avenir ; ou encore les trois âges de la vie (jeunesse, âge mûr, vieillesse).

Il est également dit qu’il pourrait être représentatif des « Trois Mondes » : le Monde des vivants, le Monde des Morts et le Monde des Esprits.

Une autre représentation Celtique : trois éléments primordiaux, l’air (en haut), l’eau (à gauche qui s’enroule comme une vague), la terre (à droite, comme une pousse de fougère qui se déploie). Le feu n’est possible que par la présence de deux éléments primordiaux, terre et air, et ne serait pas considérée comme un élément primordial. Cette signification ramène également aux trois états de la matière (solide, liquide, gazeux).

Il est difficile de donner au triskell une symbolique exacte, la transmission du savoir chez les Druides ne s’étant faite que de manière orale.

Le triskèle en spirale semble être un symbole solaire. Sa représentation peut être dextrogyre, en ce cas c’est un symbole positif et bénéfique ; s’il est sinistrogyre, l’interprétation est contraire. Certains considèrent que son orientation n’a pas d’importance.

D’après d’autres sources, notamment néodruidiques, et suivant lesquelles le triskèle représente une symbolique du mouvement en spirale de tout corps gravitant au sein de l’Univers, l’orientation de ses branches ne revêt absolument aucune importance puisque la rotation de tout corps, suivant qu’elle est observée par au-dessus ou par en dessous, change automatiquement de sens. Suivant la même interprétation druidique, les trois spirales représentent la fusion entre trois concepts (repris d’ailleurs plus tard par la religion chrétienne sous la forme de la sainte Trinité) : Esprit, Âme et Corps.

Cette théorie pourrait simplement être une mutation de celle qui prévaut d’après certaines sociétés druidiques et selon laquelle le monde est composé de trois « sous-mondes » indissociables, à savoir :

Abred : le monde tangible (donc le corps, la chair ; le mortel)

– Gwenved : le monde où viennent transiter les âmes avant leur réincarnation

Keugant : le monde divin, summum de la perfection, mais auquel les âmes (et les corps bien sûr) n’ont pas accès.

Le Druide de Coat ar Roch fut élevé au statut de demi-dieu en témoignage de ses enseignements et de l’abondance de ses fidèles. Il était chargé de mission pour contrôler le lieu des tourments et le désemplir. Une âme pour qu’elle puisse sortir du lieu des tourments doit absolument se convertir avec l’aide, le soutien et la responsabilité d’un être reconnu en fonction d’un comportement exemplaire par les Dieux Celtes. Avec toute sa bonne volonté il était sans cesse confronté à la persécution du Dieu Cernunnos, le Dieu de la nature féconde et fertilisante relié symboliquement au cosmos par ses cornes et qui constatait qu’il feignait à sa mission. Il possédait également les fonctions de maître psychopompe, le conducteur des âmes des trépassés, le guide dans la nuit de la mort.

Le grand voyage dans l’au-delà était basé sur des révélations selon lesquelles les eaux de la mer font la transition entre le monde des vivants et le monde souterrain. Le feu du lieu des tourments est un infini feu froid imaginé, créé et entretenu par Dis Pater et Cernunnos. Ces Dieux se partagent le monde souterrain. Ce feu éternel n’est pas destructeur mais un supplice permanent.

Le Druide meurt à Coat ar Roch et ainsi la légende se construisit avançant que par similitude : Le “diable” est mort de froid en ces lieux “

Le culte se pratiquait dans des aires sacrées appelées Nemeton. Ces sanctuaires situés proche d’une source en clairière au cœur de la forêt. Encadrés d’arbres qui assuraient l’union entre la terre et le cosmos, ils se singularisaient par des dolmens et tables de rites cultuels publics ou privés dédiés aux sacrifices et aux offrandes. La méthode d’investigation comme l’interprétation des signes, des présages, l’observation des astres, des entrailles d’un animal sacrifié constituait le symptôme et le préalable au diagnostic du problème posé. Les pratiques magico-religieuses sont associées aux incantations et sacrifices car on espère qu’en tuant la créature on tuera le mal.

La dépendance que l’on éprouvait à l’égard de ses puissances, la teneur qu’inspiraient les mauvais démons, la popularité des sciences occultes s’offraient immédiatement pour satisfaire le peuple. La théurgie prétendait par des moyens de cérémonies contraindre les démons et les Dieux d’entrer en contact avec les hommes. La science sacrée venue d’en haut, la magie et des pratiques parfois monstrueuses prétendait agir sur les puissances des ténèbres et mettre à leur service le pouvoir surnaturel.

Cela permettait d’apaiser les esprits, d’asservir les âmes en cavale et de protéger leur peuple. Le Druide de ces lieux avait à sa disposition une balance où il déposait les âmes sur un plateau et les infractions/fautes/délits/trahisons (péchés dans la religion chrétienne) sur l’autre. Son devoir était de faire pencher la balance du côté des âmes. Une lutte inexpiable avec les Dieux s’engageait pour la possession de l’être. Certains perdent dans leur révolte contre les Dieux et implicitement sont orientés vers le lieu des tourments et obéissent aux pratiques des démons et des damnés.

Druidisme et le druide de Coat ar Roch  

Saint Edern, ce saint semi-légendaire est le pendant dans une suite logique du Dieu Celte Cernunnos et ou du Druide probablement christianisé.

Le Druide (et thaumaturge) enseignant et pratiquant à la source de Coat ar Roch, haut lieu du druidisme, et aux deux autres sources (nous cherchons leur situation, probablement distantes de plusieurs km ) déroulait un cérémonial éblouissant permettant d’effrayer les esprits diaboliques.

Les sources bretonnes sont dédiées à la Vierge ISIS symbole de la naissance de l’esprit, déesse suprême, maîtresse de tous les éléments, considérée comme l’initiatrice détenant les secrets de la vie et de la mort. Ces lieux de culte qui malgré leur dénomination des divinités qui y sont implorées restent des lieux chargés de mystères et de respect pour les hommes. Les Druides utilisent ces endroits pour leurs propriétés curatives en raison des courants telluriques et hydro telluriques souterrains ayant un pouvoir sur les cellules humaines. Elles seraient le domaine des génies et des fées.

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La fontaine dans la chapelle de Coat Ar Roch

L’esprit de vie éternelle associé aux courants sidéraux de la cosmogonie druidique faisait affluer également les biens-portants et les moribonds. Les mystiques en tous genres, excités, se bousculaient ô combien annonciateurs de l’apocalypse, du jugement dernier, du déluge, d’une comète échouant sur zone ou de l’éruption volcanique d’un des points hauts de la crête des monts d’Arrée !!!

Les pèlerins avaient perpétués le culte de cette géomorphologie mythique et se trouvaient mêlés par condescendance aux curieux avides de cette hypno-pacification. Ceux-ci venaient pour y confronter leurs résultats, leurs conclusions et œuvres inspirées de toutes sortes d’initiations et d’expériences personnelles et inlassablement à la recherche de nouveautés.

La loi est dure dans l’au-delà et cette légende à la hauteur de l’interprétation et des pratiques qui en découlaient était un puits sans fond. Le prélude aux bruits galactiques censé administrer l’éternité prenait toute sa dimension en ce lieu. La doctrine globale et l’orientation qui en était faite se traduisait par : le territoire qui n’a plus de légendes est condamné à mourir de froid et l’énigme du moment incitait à la réflexion : Nous devons nous préparer si la civilisation doit muter ????

Le Dieu Cernunnos est le successeur du Dieu Cornu (Dieu zoomorphe par ses attributs) désignant la divinité à la Préhistoire. Considéré comme le responsable de la création de l’univers (Demiurge), père de tous les Celtes d’origine préceltique originaires de la civilisation des mégalithes, Dieu du monde souterrain et de ses richesses, père des gaulois, de la prospérité, des saisons, guide des âmes immortelles, intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts. Il organisait le lieu des tourments (enfer) situé dans l’au-delà pour accueillir les âmes perdues et en cavale qui ne se présentaient pas au monde du bien être (paradis). Ainsi il peut être considéré comme le Dieu maître des mondes non terrestres, résidant sous terre dont il garde grandes ouvertes les portes de ce monde infernal.

Saint Edern correspond à une figure christianisée de Cernunnos représenté chevauchant un cerf. Reconnu par les Celtes comme un saint semi-légendaire, un héritier de leur religion qui tenait la bête en grande vénération ; la chute de ses bois suivi de repousse passait aux yeux de nos ancêtres pour être le symbole de la mort et de la résurrection (Edern mab nuz = Dieu cerf mâle travesti en moine).


La légende d’Ahès, le récit fabuleux

Le roi Gradlon de Cornouaille a pour principale occupation de guerroyer et de s’approprier les trésors des vaincus. Ayant entendu parler d’un riche royaume dans les contrées septentrionales, il arme une flotte considérable et prend la mer. Au terme d’une longue navigation, il arrive à destination et découvre une immense forteresse au fond d’une baie. Dès le débarquement, les Bretons passent à l’attaque mais ils ne parviennent pas à vaincre. Ils assiègent la forteresse sans plus de succès. À l’approche de l’hiver, les Bretons rentrent en Armorique, à l’exception du roi. Ce dernier, resté seul, rencontre finalement Malgven, la reine de l’endroit. Elle lui déclare son amour et le fait entrer dans la ville assiégée où Gradlon tue le roi du Nord, époux de Malgven, et s’empare par la même de son trésor. Les amants s’enfuient avec le tribut de guerre, montés sur Morvac’h (cheval de la mer), la mythique monture de Malgven. Le cheval s’élance sur la mer et rejoint le bateau de Gradlon. Le voyage de retour durera un an. Des amours de Malgven et Gradlon naît une fille, Ahès, mais la mère meurt durant l’accouchement. Selon d’autres versions, Malgven fait en sorte que le visage de sa fille rappelle à jamais le sien. Elle débarque, seule, sur une île déserte. Gradlon ne peut se consoler de la mort de son amante et reporte toute son affection sur sa fille. Anéanti par la douleur de la disparition de Malgven, Gradlon est partagé entre l’amour qu’il porte à sa fille et l’influence grandissante des hommes de la nouvelle religion, en particulier, Guénolé de Landévennec. Plus Ahès avance en âge, plus elle ressemble à sa mère tant par la beauté que par son caractère intrépide. En elle survit la culture de la reine du Nord. Fidèle à la religion des Celtes, elle entre ouvertement en conflit avec les moines et demande à son père de lui bâtir une ville (Ys ou Ker-Is) pour y vivre à la manière des anciens, une ville sans église. On y célèbre les plaisirs de la nature et du corps, plaisir intolérable aux yeux de la nouvelle religion (le catholicisme). Guénolé est ulcéré par la prospérité et ce qu’il considère comme de la luxure d’Ys (la rumeur enfle : on accuse Ahès d’avoir un amant chaque nuit et de le faire tuer au matin, on accuse Ys de chasser les pauvres de la ville), Guénolé convainc Gradlon d’y bâtir une église et menace Ahès de la colère de Dieu. Ahès demande aux druidesses de l’île de Sein, les Gallisenae, de rehausser les tours de son palais et d’ériger des écluses pour protéger la ville de l’océan.

Ainsi, Gradlon, roi légendaire de Cornouaille, vivait en Is (ou Ys) avec sa fille Ahès. Une ville commerçante et prospère ou on célèbre les plaisirs de la nature et du corps. Un jour les moines Corentin et Guénolé arrivent en Is et la gaité de la ville ne leur sied pas. Ils considèrent ce lieu comme un endroit de débauche et veulent y construire deux églises pour donner une vision plus saine de la vie. Cela n’est pas possible car les lieux de culte ne peuvent être bâtis en ville par respect des croyances de chacun.

Le roi Gradlon selon les directives du pape décide alors de raser la ville. Ahès fuit dans les monts d’Arrée, emprunte un des embranchements de la voie antique Hent-Ahès (liaison Carhaix-Douarnenez dans l’antiquité) pour chercher de l’appui auprès d’un druide.

Celui-ci maître théologien au lieu de culte de la source de Coat ar Roch observe qu’au Sidh (lieu ou séjourne les Dieux) l’un d’entre eux et non des moindres pourrait lui apporter son aide pour sauver la ville ; il s’agit du Dieu Cernunnos. Celui-ci accepte et demande à Ahès de rentrer dans la ville, puis il ordonne de l’engloutir au fond de la mer pour la sauver. La submersion de la ville par l’océan provoque la perte de la princesse, mais selon la légende elle n’est pas morte et continue de hanter la baie de Douarnenez sous la forme d’une sirène. Les marins de la baie de Douarnenez l’appellent Marie Morgane (mor-gan en breton : signifie « née de la mer »).

Aussitôt dit aussitôt fait. Le roi dépité par la perte de sa fille et les deux moines par la perte de la ville décident de ne rien reconstruire a cet endroit et quittent les lieux. Les trois compères se dirigent vers le Sud, fondent Quimper en y construisant deux églises.

Ys est toujours sous les eaux et dès que la protection de Cernunnos sera ôtée, celle-ci ressurgira plus radieuse que jamais et ce jour les héros des Bretagnes reviendront du royaume des morts.

Le nom de Ahès ou Dahud, ou Dahut est un personnage majeur du légendaire breton.

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La croix de Coat Ar Roch


Evangélisation de l’Armorique

An 70 à Rennes, fondation du siège épiscopal par Maximus disciple de l’apôtre Philippe.

An 250 Saint Donatien appartenant à l’aristocratie gallo-romaine de Nantes est un chrétien enthousiaste qui se fit apôtre (mort en 304).

L’Armorique fut une région prospère, bien intégrée au monde romain cependant loin des villes. Dans la campagne profonde les autochtones restaient très attachés à leur langue et aux rites druidiques. La Christianisation fut lente et difficile hors des métropoles. A Nantes la religion chrétienne est mentionnée dès le 3ème siècle.

Les 9 anciens évêchés de Bretagne, d’Armorique :

– Nantes,Clair de Nantes, fin du 3ème siècle
– Vannes, Paterne, 465
– Rennes, Melaine, 5ème siècle
– Saint-Brieuc, Brieuc, fin du 5ème siècle
– Saint Malo, Maclou ou Malo, 6ème siècle
– Dol, Samson, 6ème siècle
– Cornouaille (Quimper), Corentin, 848
– Léon, Pol Aurélien, 848
– Tréguier, Tugdual de Tréguier, 865


 

drapeau-1

Drapeau gwenn-ha-du breton
Créé en 1924 par Morvan Marchal (architecte-artiste-poète-illustrateur) à partir des armes de Rennes.
Neuf bandes alternées noires et blanches avec des mouchetons d’hermines noires sur fond blanc au canton.


 

drapeau-2

Ce drapeau est le pavillon de la Région Bretagne et de la province historique de Bretagne.

Il est constitué de (partages historiques) :

- 5 bandes noires (provinces de la Haute Bretagne)
- 4 bandes blanches (provinces de la basse Bretagne)
- 11 hermines à la signification en héraldique « franc –quartier d’hermine plain », c’est-à-dire sans nombre précis.


 L’émigration des bretons (les Celtes) de l’île de Bretagne (Angleterre actuelle) vers l’Armorique fut la conséquence de l’invasion de leur territoire par les saxons vers l’an 450. Ils fuyaient également les Scots (Celtes d’Irlande). Ces bretons venaient du Pays de Galles et de Cornouaille. L’installation des bretons d’Armorique entraîne le changement d’appellation du pays. L’Armorique devint « Britannia », la Bretagne. La flottille conduisait les bretons par tribus entières. Elle était dirigée par un moine (chef religieux) ou un civil.

Ils se regroupèrent en trois « principautés » sur la péninsule armoricaine :

la Domnoée (de l’Elorn au Couesnon)

la Cornouaille (de l’Elorn à l’Ellé)

le Bro Waroch ou Bro Erec (de l’Ellé à la Loire) La Bretagne est redevable de la foi également aux moines et ermites qui s’égaillèrent dans des retraites plus profondes, près des sources d’eau limpide qu’ils faisaient jaillir ou qu’ils bénissaient et dont les reliques précieuses sont encore vénérées dans les églises sur la foi des traditions anciennes et respectables.

C’est le cas de Saint Edern, né en Irlande ou au Pays de Galles (Llanedern, quartier de Cardiff) et qui débarqua au Juch en baie de Douarnenez, évangélisa la région d’Edern puis se retira au Bois de la Roche (VIème ou IXème siècle) pour former une autre communauté.

Vers les V-VIème siècles arrivée d’immigrés chassés du Pays de Galles et de la Cornouailles (et du reste du pays) par les Angles et les Saxons. Parmi eux beaucoup de moines qui voyageaient souvent par deux, ainsi et Gwevret/Effret (qui donneront plus tard leurs noms aux communes actuelles de Loqueffret, et Lanneuffret). Ils s’installèrent sur des lieux de cultes païens, vénérés par les populations locales, et les christianisèrent (les lieux et les gens).

Ces moines ou ermites créent des paroisses, les plou (du latin pleb) pour encadrer la population (autochtones et émigrants). Le plou avait un caractère essentiellement de colonie civile. Il donna naissance à de nombreuses bourgades bretonnes. Les termes plou, plé, plo, lan, loc des noms de lieux indiquent une origine bretonne. Lan vient du gaulois lanos qui désigne une terre consacrée, un ermitage, une colonie ecclésiastique.

La toponymie soit l’origine du nom Lannédern est par conséquent religieux.

On invoquait Saint Edern sous la dénomination de sancti Œgidii, particulièrement pour combattre les maladies des yeux. D’étymologie celtique, Edern vient soit de l’adjectif gallois « edyrn », signifiant grand, gigantesque, soit du latin « aeternus » signifiant éternel.

Entre le IVème et le VIème siècle, l’émigration de la Cornouaille et du Pays de Galles a donné à la Bretagne un peuple nouveau. De race et de langue celtique, cette population pieuse, énergique, indépendante a défriché et christianisé le pays.

La Génèse

Du début du Néolithique au IIIème Siècle après Jésus-Christ

Lannédern est située sur le versant Sud de la rivière la petite Douphine et les caractéristiques zoologiques et végétales du contrefort des monts d’Arès se prêtent à la vie humaine au Néolithique. Le mot Arrée ou Arrhée ou Arez ou Ahès ou Arès, proviendrait d’un vieux mot celte, anne ou enne, signifiant montagne.

L’empreinte de la civilisation mégalithique 

le-menhir-de-roscadouLe menhir de Roscadou : Petit bloc de granit local de 2 mètres de haut, englobé dans un talus et probablement situé sur la voie antique Hent-Ahès (liaison Carhaix-Douarnenez et par la ramification à la voie romaine Morlaix-Quimper). Il servait de point de repère et de lieu de rassemblement.

Des fouilles ont également permis de recenser des tertres, des tombes en coffre et autres tumulus. Les labours ont pratiquement totalement écrêté le relief, ainsi ils n’ont d’intérêt que par leur situation. (bergam, coat-ar-roch, roch’ven, kervéguennet)

L’âge de la pierre polie (-9 000 à -3 300 ans)

Les gisements de Bergam et Croas-Nevez-Coat Ar-Roch-Kerveguennet.

L’occupation des hommes sur les terres dès le Néolithique permet de retracer l’épopée de nos lointains ancêtres. L’indice des pierres polies et les ateliers de Bergam (une industrie lithique relativement abondante) sont associés à la roche éruptive qui a servi à les façonner. Elles proviennent d’un affleurement doléritique et fibrolitique situé Park Pironnick et Park Louët au Nord-Est de Roch Ven. La roche n’est utilisable qu’a certains endroits précis ; suffisamment dure et dense pour être taillée et polie sans s’effriter « mein houarn », les pierres de fer tellement ferrugineuses d’ailleurs que l’oxydation rouge contribue à intensifier leur tranchant bleuté.

Les hommes abandonnent leur vie de chasse et de cueillette et inventent et se consacrent à l’agriculture. Les tout premiers paysans ont entrepris de défricher la forêt primitive à coups de hache et d’herminette pour y créer des pâturages et des champs, c’était il y a 6000 ans.

Sur le versant Nord de Roch Ven proche de Bergam à parc, le gisement de pierres taillées et polies permet d’approcher le dégrossissement des ébauches à grand coups de percuteurs. Puis la métadolérite était taillée sur place et bouchardée pour écraser les arrêtes15 à 20 kg pour une hache de 300 gramme et un taux de réussite de 2% d’où la quantité de déchets.

Quand la pierre est suffisamment dégrossie les tailleurs ont mis au point la technique de polissage. Ils polissent les ébauches sur un rocher avec du sable comme abrasif et de l’eau.

Par souci d’esthétique ces artisans de la première heure peaufinaient leurs outils jusqu’à la perfection avant de les emmancher dans un bois avec une colle à base de résine et d’écorce de bouleau, 2 jours pour confectionner un outil, une véritable monnaie d’échange.

L’arrivée du bronze sonne la fin de des dolérites.Le gisement de surface de Bergam se distingue par la densité des artéfacts collectés par les agriculteurs (en particulier la famille Bras) sur une dizaine d’hectares : haches (6+30) et fragments de haches polies, outillage en silex (57), percuteurs….datables du néolithique final ou de l’âge de bronze ancien.

C’est un instrument composé d’une lame coupante taillée ou polie, inséré dans un manche en bois et le plus souvent comprenant une pièce intermédiaire pour fixer la lame au manche, une gaine. L’axe de la lame fait un angle droit avec l’axe du manche et son tranchant est parallèle au manche. Le polissage peut être partiel, seulement sur le tranchant, ou total lui donnant un aspect lisse.

Symbole des premiers agriculteurs qui ont défriché, son usage perdure jusqu’à l’âge du Bronze ; les modèles en métal remplaçant peu à peu les exemplaires en pierre. Elle est l’outil indispensable aux travaux de déforestation permettant de créer des espaces propres à l’agriculture. La hache sert donc à l’abattage des arbres ou à la taille des bois de charpente. Le travail plus minutieux du bois devait se faire à l’aide d’un outil type herminette ou tranchet. L’Homme taille un bloc de pierre (silex, roche dure) en lui donnant une forme générale. Cette lame peut ensuite être polie. Cette technique de lissage de la lame est une innovation du Néolithique ; le manche en bois présente une tête lourde et robuste ; l’emmanchement est une partie intermédiaire plus ou moins complexe. C’est une gaine qui absorbe les ondes de choc et évite l’éclatement du manche.

 

pierre-1

pierre-2

Haches taillées et polies propriété de Jean BRAS – Bergam Vian

pierre-3

Hache polie propriété de Jeanine Le Guillou – Resternou

 

L’âge de bronze et du fer (-1100 à -700 ans)

Les bas-fourneaux de Bergam.

La découverte de résidus et de fonds de bas-fourneaux permet de situer un village de forgerons vers Bergam.

Le bas fourneau se présente comme une cheminée de taille humaine (un ou deux mètres de haut) en pierres, briques et terre cuite, dans laquelle on dispose en alternance une couche de minerai de fer et une couche de charbon de bois.

Lorsque l’on met le feu, le charbon de bois produit du monoxyde de carbone qui vient réduire le minerai : le fer est présent dans le minerai sous forme oxydée et il se forme ainsi du fer : Fe3O4 + 4CO ? 3Fe + 4CO2

Le tirage du fourneau est assuré soit par ventilation naturelle, soit par des soufflets, généralement manuels. Les impuretés qui accompagnent le minerai forment la scorie ou laitier qui s’écoule au bas du fourneau ou dans une fosse ménagée en dessous de sa base.

Dans le bas du fourneau s’accumule un solide spongieux, composé de métal et de scorie, que l’on appelle « massiot » ou « loupe ». Le métal obtenu par ce procédé est très hétérogène. Le massiot peut être composé de fer et d’acier allant de 0,02% à 2% de carbone. La loupe est d’abord épurée et corroyée, par martelage répété, afin de retirer la scorie et de rendre le métal homogène. Il reste quand même des inclusions de scories dans la matrice métallique. On obtient après ce long processus, un bloc de métal qui pourra être mis en forme par le forgeron pour fabriquer l’outil (soc de charrue, serpe, cerclage de roue…) ou l’arme. Une fois l’outil mis en forme le forgeron procède à une dernière opération afin de durcir la surface il effectue une trempe cela consiste à plonger la pièce porter au rouge dans de l’eau froide.

 

bas-fourreau-2

Type de bas fourneau Loupe de bas fourneau Chez Mr et Mme Bizien


L’antiquité tardive élargie (De la moitié du 1er millénaire au VIème siècle), du monde antique au début du moyen âge

L’expression Antiquité tardive est utilisée pour désigner une période historique qui commence en fin du premier millénaire mais dont la date de fin est beaucoup plus floue vers le VIème siècle. Elle n’est employée qu’en référence aux pays ayant appartenu au monde romain.

L’Antiquité tardive se caractérise par un mélange de traditions antiques. Ce que les historiens appellent la romanité, d’apports chrétiens et d’influences barbares. Les débats théologiques, les difficultés causées par les relations entre les souverains et l’Église.

Le développement des bâtiments chrétiens caractérisent la période.

L’Antiquité tardive constitue une période cruciale pour la transmission de la culture, de la science, et plus généralement de toutes les connaissances accumulées par les différentes civilisations antiques.

Elle nous intéresse donc au plus au haut point pour la considérer désormais comme une période charnière entre Antiquité et Moyen Âge mais de – 700 ans avant Jésus-Christ au IIIe siècle il existe un blanc sur la commune.

Nous ne détenons aucune source d’histoire de cette époque. Ce que l’on peut dire c’est que les Osismes ou celltes ou peuple gaulois armoricain habitent le Finistère depuis l’époque antique (on y retrouve des dolmens et des menhirs). Les Osismes furent augmentés par les Coriosolites à la fin du IVème siècle et le territoire devint la Petite Bretagne.

Lieux et personnages

Nom des lieux de Lannédern et leurs particulariés

Lanedern
Lan vient du gaulois lanos qui désigne une terre consacrée, un ermitage, une colonie ecclésiastique et Edern le nom du moine Fondateur

Le plan du bourg en 1813

le-bourg-en-1813

Les constructions figurent en hachuré, l’église et le cimetière sont bien identifiables
Bégroas
1769
Ar veg kroas
La croix au bout de la colline

Bergam-bian
1780
Ar Berham vihan
ce hameau est un démembrement de Bergam -vras

Bergam-vras
1509
Ar Berham vras
la parcelle de l’été

Bois de la Roche
1540
Koad ar roc’h
le bois auprès des rochers

Coat-ar-Baol
1770
Koad ar Bailh
l’ancien bois du nommé Le Bail

Coat-Caër
1765
Ar C’hoad kaër
le beau bois ou du nommé Caer

Coulin
1763
Koulin
le bois aux arbres de petite taille
Ferme plan en L1688

Croas ar hars

Kroazhent ar garzh
le croisement de routes de haies d’arbres

Croissant Kergus
Kroazhent Kêrgus
croisement de routes dans le village ar Gêr Guz

Croissant-ty-Colin
Kroazhent ti Colin
croisement de chemins auprès de la maison à Colin

Douarguennou
1756
Douargwennou
la terre des sources

Guernaléon
1760
Gwern al Leon
le marais à Leon

keralun
1772
Kêr Alum
le hameau de l’alun (minerai)

Kergoat-Grall
1572
Ar Gêrgoad Kouilh
le hameau auprès du bois du nommé Grall puis Kouilh

Kergoat-Piriou
1765
Ar Gêrgoad Vihan
le petit hameau auprès du bois de Piriou

Kergus
1771
Ar Gêrguz
le hameau caché

Kergus-Morvan
1572
Ar Gêrguz Morvan
le grand hameau caché du village de Guz Morvan

Kergus-Rohan
1771
Ar Gêrguz Vihan
le petit village de Rohan (famille ducale)

Kerharnel
1540
Krec’h Herlan
colline à Herlan
altitude : 176 m

Kervéguennet
Kêr ar Gwegenned
le hameau à Guéguen

L’isle
1771
An Enez
parcellaire entre deux cours d’eau
L’Ile : Ferme plan en L1688

Merdy
1781
Ar Maerdi
maison de l’intendant du seigneur
existence d’une ancienne seigneurie

Mescoz
1480
Ar Maez koz
groupement de champs alignés, clos ; vestiges d’un paysage agraire de l’Armorique

Moulin de Keralum
XVIIème
Meilh Kêr alum
le moulin de la maison noble de Keralum

Moulin du Duc
1740
Meilh Dug
moulin dépendant de la juridiction du Duc de Bretagne. En 1740 il y avait 3 moulins (2 à eau et 1 à vent) nommés « les moulins du Duc »

Penhuil-Bras
1540
Penn c’hwil vras
Extrémité d’un vaste domaine (grand)

Penhuil-Bian
1540
Penn c’hwil vian
Extrémité d’un vaste domaine (petit)

Pennaneac’h
1572
Penn an nec’h
Collines élevées, le bout de la cote
altitude = 167 m

Penarun
1763
Penn ar run
le bout du coteau abrupt

Pennavern
1480
Penn ar wern
extrémité du marais

Perros
1541
Penn ar roz
bout du coteau, du sommet, du tertre

Quivit
1763
Kivid
troncs d’arbres, lieu planté

Resternou
1724
Resternou
ancien manoir

Roch-Venn
Ar Roc’h wenn
la roche blanche ; altitude : 200 m

Roscadou
1540
Roz Kadou
bout du coteau en haut de la pente ou le tertre du nommé Cadou

Treuscoat
1480
An treuz koad
le passage à travers bois

Ty Colin
1763
TI Golin
la maison du nommé Colin

Ty Cras
Ti ar C’hras
la maison du nommé C’hras, le maigre
avec apotheis 1692

Ty Jaffré
Ti Jafre
la maison du nommé Jafre

Ty Labous
1787
Ti Labous
la maison du nommé Labous

Ty an-Deved
Ti an deñved
le hameau des moutons

Les maires de la commune depuis 1837

1837 :
Favennec
Yves
Ty Cras

1890 – 1892 :
Cras
Jean Louis

1882 – 1925 :
Bourlès
Jean Louis

1925 – 1941 :
Le Seac’h
Alain

1941 – 1943 :
Menez
Jean Louis
Président de la délégation spéciale

1944 – 1945 :
Queffelec
Pierre

1945 – 1947 :
Louarn
Jean

1947 – 1964 :
Queffelec
Jean

1965 – 1976 :
Cornec
Jean,
Maréchal ferrant

1977 – 1995 :
Salaün
Louis,
Agriculteur

1995 – 2007 :
Pirche
Jean,
Avocat

2008 :
Pouliquen
Georges
Ty jaffré,
Retraité

Les prêtres/recteurs, les sœurs de la commune depuis 1790

Trois croix monolithes du 17ème siècle ont disparu : Coat ar Roch., Croas ar Hars et Ty Cras.

A Croas Ar Hars, nouvelle croix inaugurée le 08 Août 2009.

1533
Revelen

1541
Marc Floc’h

1567
Kergoet
Jean

1580
Loz
Jacques

1745
Le Carré
Jean

1752
Crozon
Yves-Thomas

1783
Flochec de Guermeur
Toussaint-Maurice

1790
Le Bourlès
Jean,
Vicaire

1790
Flohec du Guermeur
Toussaint Maurice,
Recteur

1801
Le Pennec
Joseph

1830
Abalain
Guillaume-Marie

1837
Le Flochlay
Hervé

1850
Jointrec
Jean-François,
Recteur

1864
Glémarec,
Recteur

1876
Guiziou
Paul-Marie

1882
Bonis
Clet-Marie

1887
Le Goff
Gabriel

1900
Michel
Charles

1906
Jan
Joseph-Aimé

1910
Monot
Yves

1910
Le Pape
Jean-Marie

1902
« 2 sœurs religieuses»

école des sœurs
enseignantes

1946
Martin
Hervé,
Recteur

Les écoles et leurs directeurs et directrices

En 1498, Lannédern possédait une école. Probablement « presbytale », l’apprentissage de la lecture se faisait devant l’évangile et quelques vies de saints.

L’école des sœurs a été construite en 1876 (communauté des filles de Jésus de Kermaria)

L’école communale a été construite en 1885, elle comptait 100 élèves. La mixité est apparue en 1932. l’école communale porte le nom de Yves Gall depuis 27/09/1997.

 Voici le noms de ses directeurs successifs :

1884
Le Page
Alain

1927
Le Borgne
Pierre

1921
Mr Nicolas

1921
Le Goaer

1932
Le Gall
Yves,
directeur et secrétaire de mairie

1932
Mme Le Gall

1946
Furet
Marie Françoise

1946
Kéruzoré
Lisette

1946
Perel
Georges

1946
Mme Perel

Evolution de la population et des métiers

L’activité agricole continue encore à structurer la commune mais à elle seule elle ne fait plus la ruralité.

A côté d’elle se développent une série d’activités répondant aux besoins croissants d’une nouvelle population.

La commune était assimilée hier à une terre de culture et d’élevage, elle présente aujourd’hui un visage multiforme : c’est à la fois un espace de production et d’artisanat, un lieu de résidence et un espace de d’accueils et de loisirs.

Ses habitants ont changé. Ils se sont imprégnés des valeurs et des désirs des citadins.

La ville est présente dans le village et les frontières entre l’urbain et le rural s’estompent.

Tant d’évolutions déterminantes soulèvent des défis liés à l’intégration des nouvelles populations.

L’essor des nouvelles technologies facilitent les communications et le travail.

Nous sommes vigilants au développement permanent de notre commune rurale en préservant un authentique art de vivre.

La ligne de chemin de fer Plouescat-Rosporden

En 1912, Rosporden voit arriver un nouvel exploitant avec la Compagnie des chemins de fer Armoricains qui ouvre la ligne, à voie métrique, de Plouescat à Rosporden, appelée aussi Grand Central.

Les performances de la ligne ne sont pas favorables au transport des voyageurs, les trains, tractés par des petites locomotives Corpet-Louvet, circulent à des vitesses moyennes de 15 à 20 km/h, ils mettent 11 h pour parcourir l’ensemble de la ligne.

Le désenclavement ferroviaire fut tardif et éphémère: dans le cadre des Chemins de fer départementaux du Finistère, la ligne de chemin de fer à voie étroite reliant Plouescat à Rosporden gérée par les Chemins de fer armoricains, mise en service en 1912 seulement, ferma dès 1935 et même dès 1932 pour le trafic voyageurs.

La construction de cette ligne traversant l’Arrée fut d’ailleurs très contestée: le chemin de fer ne doit pas être créé pour les pays pauvres et peu fortunés, ces régions ne devant pas donner de trafic.

Cependant celui-ci apportera un essor économique sans précédent Un embranchement destiné à expédier la tourbe pour alimenter en énergie la poudrerie de Pont-de-Buis-lès-Quimerch avait été posé entre Brennilis et Loqueffret. Cela fut un argument important justifiant la création de la ligne.

A partir de 1912 la ligne Plouescat-Rosporden exploitée par les Chemins de fer départementaux du Finistère, s’arrête à la gare de Lannédern. Mais cette ligne ferme dès 1933. Il faisait arrêt dans les gares de : Commana, Le Roc-Trédudon, La Feuillée, Brennilis, Loqueffret-Saint Herbot, Le Quistillic, Brasparts, Lannédern, Le Cloître-Pleyben, Plonévez du Faou .

Il répondait au nom de train patates et constitué d’une dizaine de wagons.

Il transportait des marchandises, des voyageurs, des algues et du sable coquillé (traezh) pour l’amendement des sols et notamment des primeurs d’où son nom.

Ce train-patates n’avait pas un parcours facile en Centre Finistère : il affrontait la montée de la Douphine à de Croas Ar Hars avec une forte pente. Le chef du train demandait aux voyageurs de descendre pour alléger le convoi. Il avait une autre mission qui était de transporter les hommes et les animaux aux foires. C’était l’occasion d’échanger savoirs et savoir-faire du monde rural. Le temps du rassemblement et du commerce mais aussi le temps de la fête et de la distraction.

Le Chef de gare de Lannédern se nommait François Alain. Il demeurait dans la petite maison auprès de l’ancien entrepôt de la coopérative La Douphine.
Une anecdote rappelée par les couturières : Le train passant sur une épingle à nourrice posée sur le rail transformait celle-ci en paire de ciseaux.

les-trains-patates

Naissance de l’emblême

blason Lors du conseil municipal du 7 mai 2010, le blason de Lannédern a enfin vu le jour. Au chef d’argent semé de 4 hermines de sable.

Ecu en 2 partis :

- en 1 d’argent et d’azur bandés de 6 pièces,
- en 2 orangé à un ermite en aumusse chevauchant un cerf à la ramure brisée, d’argent, sur une terrasse de même.

Trois projets avaient été déposés, tous d’un grand intérêt : ils représentaient bien l’histoire de notre communauté alliant le passé et le présent. A notre avis, aucune faute de goût, un bon travail de recherche, un sens de l’essentiel (ce qui est l’essence même de la héraldique). Le blason retenu, fruit d’une étroite collaboration entre l’équipe municipale et un jeune designer finistérien travaillant pour une agence de publicité parisienne, allie dans le graphisme le passé et le présent, le traditionnel et le moderne : aux armes 5 fois centenaires des Lezormel s’unit une reproduction reprise et stylisée d’une statue du XVIe siècle. La qualité première d’une bannière, d’un blason, d’un logo est d’attirer le regard et de raconter un fait, une histoire : Lannedern, c’est Edern chevauchant un cerf. Quant aux couleurs si la héraldique proscrit la superposition de l’or et de l’argent l’orangé est un compromis heureux car de couleur chaude, il symbolise l’énergie, l’ambition, l’enthousiasme, l’imagination, la richesse et l’honneur.

La mort de René caro

rene-caro

Les évènements du 28 juillet 1944 à Lannedern La Mort de René Caro

À cette date, les Américains sont aux portes de la Bretagne qu’ils cherchent à prendre au plus vite pour s’accaparer des ports de haute mer pour désengager le Cotentin. Prendre Saint-Malo – Brest – Lorient et créer un port artificiel dans la presqu’île de Quiberon. Cela est essentiel pour l’acheminement des hommes, du matériel et surtout du carburant pour poursuivre l’invasion. L’état-major allemand ayant repoussé l’idée d’un débarquement sur la Bretagne craint cependant de grosses opérations aéroportées dans les Monts d’Arrée, ainsi la II division parachutiste commandée par Ramcke est acheminée dans le Centre Finistère (à compter du 12 juin). Cette division d’élite fortement éprouvée sur le front russe a été reformée en mai 1944 en faisant appel au volontariat de jeunes allemands de 18 / 19 ans. Dès son arrivée, elle ne cessera de parfaire son instruction en vue des combats futurs. La population des bourgs environnants est réquisitionnée pour creuser des tranchées : à l’ouest de Brasparts – près du lac de Nestavel. Les partisans FFI et FTP de la région ne restent pas non plus l’arme au pied. Un maquis s’est formé dans le bois de Bodriec au nord de Lannédern et François Le Boulc’h du Bourg le ravitaille en pain. Suite à l’appel de la BBC et à la livraison d’armes, les maquis deviennent fébriles. La libération du pays breton est annoncée. Déjà courant juin, deux parachutages avaient eu lieu à Liorziou en Plonévez (sur les hauteurs de men ar rosaro) : la 1e fois un avion avait largué sept containers d’armes. La 2e fois, 3 avions avaient livré de quoi remplir 10 charrettes. Il avait fallu faire appel à tous les paysans du coin pour acheminer ce précieux chargement sur les hauteurs ouest de Brasparts.

Notre histoire peut commencer : Lannedern – dans la soirée du 27 au 28 juillet 44, 5 partisans viennent occuper la dernière maison du bourg en montant sur Loqueffret. Cette maison appartient à Pierre Le Boulch, boulanger. C’est François, le fils, qui les accueille. Il y avait là : Jérôme Pouliquen dit « Jim » de Brasparts , Keruzoré de Plonévez, Corbel de Collorec, Jean Cadiou (séminariste) de Dineault, René Caro (normalien) de Redon.

La famille de René Caro est originaire de Lannédern, mais son père employé des chemins de fer avait émigré à Redon avec sa famille. René, normalien, 1er prix au conservatoire de clarinette était réfractaire au STO et était venu à Lannédern se faire oublier chez sa tante Mme Le Bihan, tenant une épicerie au bourg. Sa sœur Jeanine l’avait accompagné pour aider sa tante au commerce. Depuis les parachutages de juin, nos résistants étaient équipés de tenues et d’armes anglaises. D’après les lois de la guerre, ce n’était plus des terroristes, mais des combattants à part entière puisqu’ils portaient ouvertement une arme et un uniforme. Ce fait primordial aura une importance dans la suite du récit.

Ces maquisards sont au repos mais avec une idée derrière la tête : faire de cette maison le poste de commandement du bataillon. Fini de se cacher dans les bois, la libération approche, il est temps d’apparaître au grand jour. Au lever du jour, le jeune François Le Boulc’h, 18 ans, va réveiller nos hommes quand il aperçoit des soldats allemands descendant la route du bourg. Aussitôt, il prévient ses amis qui s’éparpillent dans la nature. Lui, inconscient, rentre tranquillement chez lui. Si François avait bien expliqué la topographie des lieux à tous les acteurs de ce drame, cela était sans compter sur le manque total du sens de l’orientation de René. En effet, à bien des reprises, lors des déplacements clandestins, François avait observé que son camarade avait beaucoup de mal à s’orienter. De plus un réveil brutal, un brin de panique, voilà tous les ingrédients pour arriver au drame. Chacun fuit de son côté, certains sous les balles. Ainsi Jean Cadiou, en prenant plein sud avec Keruzoré et Corbel est atteint superficiellement au tibia. Une chasse à l’homme commence malheureusement aidée par la rosée du matin. Pour ces 3 hommes, elle ne s’arrêtera qu’à Penhuil faute de traces. Jean-Yves Conan et son fils Roger, en coupant du trèfle, ont vu une patrouille de 5 à 6 hommes suivant des traces vers les 7 heures sur les hauteurs de Ti Cras. Quant à Jim, par un heureux coup du sort, en prenant plein est, il est passé à travers le dispositif allemand. René Caro, lui, a choisi la mauvaise direction, il tombe nez à nez avec l’ennemi qui le tire à bout portant. René est mort. Son corps est traîné près d’un tas de fagots jouxtant la maison et les questions commencent. Qui le connaît ? est-il du bourg ? etc… Henri Goacolou est amené près du corps : il nie le connaître, il n’est pas d’ici, c’est un uniforme qu’il ne connaît pas. Jeanine, sa sœur, se tait, si elle montre son émotion, les représailles seront terribles. Tous les hommes valides sont regroupés. Les Allemands les ont raflés de Croas A Hars à Roch Ven et alignés contre un mur entre deux maisons. Personne ne parle sous les questions de 2 allemands parlant français. François et son père sont du lot, ainsi que Georges Guédes (16ans) et son frère Yves (23ans). Les paras allemands sont jeunes, le même âge qu’eux, mais on ne lit rien dans leurs yeux. Un ordre et ils tireront. Cet ordre ne viendra pas. Et la fouille commence. Les hommes sont fouillés, les maisons visitées, l’épicerie Le Bihan pillée, le cochon du pardon de Sainte Anne égorgé et chargé dans un camion. Et les otages toujours sous la menace des armes : avenir incertain. Le feu est mis au tas de fagots, à proximité repose René Caro.

Le feu enveloppant René se propage à la maison où il y a quelques heures à peine, de jeunes hommes rêvaient de liberté. Ne trouvant rien, les Allemands se lassent, mais il leur faut des otages. François et son père sont amenés ainsi que Georges et Yves Guédes. On peut comprendre le pourquoi de la prise d’otage de François et de son père : la maison leur appartenait mais pourquoi Georges et son frère. Georges d’esprit-curieux avait toujours dans ses poches un véritable bric à brac. Ce matin-là, il avait un morceau de papier indéchiffrable aux yeux des interprètes, il était donc suspect.

Le périple des otages dura toute la journée : Le Cloître Pleyben, Plonevez, Brasparts, Saint Rivoal, Saint Sauveur. À chaque endroit, des « suspects » sont amenés. Arrivés à Sizun, ils étaient 25 ou 27, débarquement à l’entrée de la ville, colportage du pillage,des prises de guerre et internement dans l’école. Nouvel interrogatoire correct par un officier ou un sous-officier parlant français : personne ne connaissait les « terroristes » . « Ramassés » le vendredi, Yves et Georges Guédes avec Queffelec (Plonevez) et Guichou (ancien instituteur à Lannédern), seront libérés le dimanche matin. Pour François et son père ce sera plus long. Un matin, François est étonné par le calme qui règne dans leur lieu de détention : les parachutistes sont partis, ils sont sous la garde de deux vieux soldats qui leur disent de s’en aller. Nous sommes aux alentours du 8 août 1944. Morlaix est tombé aux mains des Américains et de la Résistance. Pour les allemands, une seule échappatoire : tenir Brest et la presqu’île de Crozon.

Hasard ou dénonciation :

D’après tous les témoins du drame, ces événements sont le fruit du hasard. Les parachutistes allemands de la deuxième division étaient tous très jeunes encadrés par des officiers et sous officiers rescapés de Crête, d’El Alamein en Cyrénaïque, de Rome et de Russie. Sous la conduite de leur chef, ils parfaisaient leurs instructions. Le pire fut évité sans doute car nos soldats de l’ombre portaient un uniforme anglais et qu’aucun d’entre eux n’a pu répondre aux questions des Allemands : René Caro a été tué sur le coup, les autres ont disparu dans la nature. Enfin, l’accès de la maison en haut du bourg aurait pu se faire de nuit par ces partisans sans que personne ne le remarque. Georges Guedes ignorait leur présence. C’est peut-être ce que les Allemands ont pensé. L’attitude courageuse de la population, qui niait connaître ces hommes, a contribué à éviter un drame plus important. Petite anecdote qui a son importance : la quasi-totalité des postes TSF du bourg et d’ailleurs affichait la BBC. Heureusement personne n’a eu l’idée de brancher un poste. Jean Cadiou blessé lors des événements ne sera pas prêtre, il épousera Jeanine, la sœur de René et s’engagera. Il tombera malade à son retour d’Indochine et décédera. Keruzoré de Plonévez du Faou s’engagera et sera tué lors de la campagne d’ Alsace en 1945. François Le Boulch, comme son père, sera boulanger à Lannédern. Il reste toujours très vaillant à 91 ans bientôt, je lui dois ce récit. Georges Guédes habite toujours à Lannédern en face de chez François. Lors de notre rencontre, il relata les faits avec émotion et une très grande précision. Que sont devenus Jim et Corbel ?

Remerciements : François le Boulch, Georges Guèdes + , François Le Corre + et Roger Conan.

Jim ,natif de Brasparts s’établira à Irvillac et reviendra souvent sur les lieux de sa jeunesse.Il est décédé en 2002.Il participa à l’accrochage du 16 août1944 en soirée à Irvillac lors du retour du raid allemand sur Brasparts.

Le mot des élus

Avant propos

Compiler les différents documents qui existent sur l’histoire de notre commune, c’est la tâche à laquelle nous nous sommes attelés.

Développer en texte, en photographies et en images les magnifiques lieux et représentations, établir une chronologie des différentes étapes qui ont permis à ce lieu de se développer, s’entretenir, traverser les âges en se bonifiant, expliquer aux résidants et aux visiteurs que leur motivation soit cultuelle ou culturelle, mettre l’accent sur les personnalités qui ont apporté leur pierre à cet assemblage heureux qui compose notre commune.
Voilà ce qui a motivé notre travail de recherche, de réécriture, de photographies.

Il ne s’agit pas d’un journal, nous n’avons rien inventé. Nous avons parfois embelli, réuni des textes en s’informant auprès de la population afin de réaliser un ensemble cohérent.

Il ne s’agit pas non plus d’un ouvrage historique mais d’un ouvrage de vulgarisation qui ne répond pas hélas à toutes les interrogations puisque les documents manquent pour reconstituer le puzzle complet de l’histoire de Lannédern. Nous accueillerons avec plaisir tout élément que vous pourriez posséder.

En tant qu’élus de la commune, nous avons pensé que notre devoir était d’apporter, tout simplement, notre savoir faire et nos compétences au service de l’histoire et du patrimoine de notre village. Ces informations s’adressent à tous les lannédernéens ainsi qu’aux visiteurs qui chaque année découvrent notre village.

La nature a également doté Lannédern d’importants atouts intéressants pour nos agriculteurs.

Notre objectif est de laisser un témoignage par rapport au temps qui passe et à l’histoire qui s’oublie. Nous souhaitons que ce document agrémenté d’images soit accessible sans effort particulier.

Nous ne serions pas complets si nous ne remercierions pas tous ceux qui ont permis cette réalisation. La mémoire collective est indispensable pour compléter les informations.

Le devoir accompli, nous vous invitons à rester vigilants et à ne pas vous relâcher pour la sauvegarde de notre bien commun précieux qu’est notre village situé en plein centre du département. Il baigné par la rivière la Petite Douphine et ouvert sur les monts d’Arrée.

Cet ouvrage vous aidera à mieux connaître et apprécier notre commune, il vous permettra aussi d’emporter chez vous quelques images de ce village, de ce lieu vivant et accueillant.

Préambule

Lannédern, commune paisible, donne parfois le sentiment que l’histoire bretonne a choisi de s’y installer pour passer sa retraite.

Ce portrait est pourtant incomplet car ce conservatoire des siècles n’a jamais perdu l’occasion de boire à la fontaine de jouvence (immortel, rajeunissement perpétuel).

Le dynamisme de son tissu associatif en est la preuve tout comme la richesse que lui procurent ses résidents.

Et puis il y a cette bannière fièrement brandie, identifiée par son blason et la ferveur qui gagne une fois l’an lors du fameux pardon de Saint Edern.

Le passé a toujours été une ressource pour comprendre le présent.

Que la beauté du village, la richesse du patrimoine et des paysages, la réalité et les légendes ancestrales demeurent, exprimant le génie de cette communauté à laquelle nous sommes fiers d’appartenir.

Lannédern a toujours su se régénérer collectivement en portant haut ses valeurs, son histoire et son ambition partagée.

Nous avons conscience que les Lannédernéens et les Lannédernéennes savent bien que la recherche du bonheur est une affaire personnelle tout en cependant une entreprise collective de tous les instants.

Nous ne sommes que des modestes ambassadeurs de passage qui laisseront une voie clairvoyante et élargie par un devoir de mémoire constitué.

Le Maire, les adjoints au maire, les élus